À quelques jours de l’examen d’une proposition de loi au Sénat, l’Union départementale CGT du Gers appelle les sénateurs gersois à rejeter un texte qui pourrait remettre en cause le caractère chômé et rémunéré du 1er Mai. Une mobilisation syndicale qui s’inscrit dans la défense d’un droit social emblématique.
Dans une lettre ouverte, l’union départementale CGT du Gers s’adresse directement aux sénateurs du département, Franck Montaugé et Alain Duffourg, à la veille d’un vote décisif prévu ce mardi 16 juin au Sénat. En cause : une proposition de loi gouvernementale visant à permettre à davantage d’entreprises de faire travailler leurs salariés le 1er mai, jusqu’ici seul jour férié obligatoirement chômé et rémunéré inscrit dans le Code du travail. Pour la CGT, il s’agit ni plus ni moins d’un « recul historique ». Le risque, selon l’organisation syndicale, serait surtout de favoriser les grandes enseignes au détriment des indépendants, accentuant une concurrence jugée déloyale.
« Le volontariat est une fiction »
Autre point de crispation : la notion de volontariat mise en avant par les défenseurs du texte. Pour la CGT, l’expérience du travail dominical montre que ces garanties s’érodent rapidement. Pressions, chantage à l’embauche ou menace de licenciement videraient, selon elle, le volontariat de toute réalité.
Un appel clair aux sénateurs
Dans un contexte de pouvoir d’achat en berne, le syndicat estime que l’urgence n’est pas de « travailler plus », mais d’augmenter salaires et pensions. Le syndicat lance un appel sans ambiguïté : les sénateurs du Gers sont invités à s’opposer à la proposition de loi, au nom de la défense du repos rémunéré et de la dignité du travail. « Vous n’avez pas été élus pour nous voler du temps de repos bien mérité, mais pour améliorer notre quotidien », conclut Fabrice Lamarque, secrétaire général de l’union départementale.
N.M