Elle se destinait à l’architecture. Mais c’est finalement sur le terrain, au cœur des chantiers, qu’Alexandra Keller a trouvé sa voie. À 23 ans, l’étudiante en BTS Enveloppe du bâtiment en alternance chez Sud Ouest Habitat a choisi de rester dans le monde du bâtiment, là où les projets prennent vie.
Pendant longtemps, Alexandra Keller s’est imaginée architecte. Cinq années d’études plus tard, le destin prend une autre direction. Au détour d’un stage, une évidence s’impose doucement : si elle aime le bâtiment, ce n’est pas derrière un bureau d’architecte qu’elle souhaite y contribuer. « Je me suis rendu compte que ce n’était pas vraiment ce que je voulais faire », raconte la jeune femme. Mais une chose est certaine : quitter le secteur n’est pas une option. Alexandra veut rester dans cet univers de béton, de plans et de chantiers.
En cherchant une nouvelle voie, elle découvre le BTS Enveloppe du bâtiment, conception et réalisation, proposé au lycée Le Garros à Auch. Depuis septembre, la jeune femme de 23 ans y poursuit sa formation en alternance pour deux ans. La moitié du temps à l’école, l’autre sur le terrain, au sein de l’entreprise Sud Ouest Habitat, spécialisée dans l’isolation thermique par l’extérieur et les menuiseries. Intégrée au pôle façade, Alexandra participe aux études et au suivi des projets. Dès son arrivée, l’accueil est à la hauteur de ses espérances. « On m’a tout de suite considérée comme un membre de l’entreprise », explique-t-elle. « Presque comme une conductrice de travaux ou une chargée d’études. »
« Tu es une femme, ça va être difficile »
Dans un milieu encore très masculin [95 % des conducteurs de travaux étaient des hommes en 2018, selon l’Observatoire du BTP, NDLR], Alexandra Keller a souvent entendu les mêmes avertissements : « Tu es une femme, ça va être difficile dans ce métier. » Pourtant, sur le terrain, son expérience est toute autre. « Ici, je ne me sens pas différente d’un homme. On m’a reconnue pour mes compétences et mes qualités. »
Les remarques qu’elle entend parfois se veulent plutôt bienveillantes. « Certains disent que ça fait du bien d’avoir une touche féminine dans le bureau », sourit-elle. Et si l’humour circule entre collègues, Alexandra ne s’en formalise pas. « L’ambiance est bonne, on peut rire. Moi aussi j’aime ça. » Un climat encouragé par la vision de son employeur. « Mon patron m’a dit un jour : on ne cherche pas un homme ou une femme, on cherche quelqu’un de compétent. »
« Se réveiller en ayant envie d’aller travailler »
Avec le recul, Alexandra sait déjà ce qu’elle dirait à la jeune fille qu’elle était au collège. « Je lui dirais de ne pas écouter les gens qui disent qu’elle n’y arrivera pas. Il faut foncer et se donner les moyens. Ce n’est pas parce qu’on est une femme qu’on n’est pas capable. » Aujourd’hui, la jeune alternante avance avec la satisfaction d’avoir trouvé sa place. « Se réveiller en ayant envie d’aller travailler, finalement, c’est ça le plus important. »
N.M