L'éco-pâturage gagne du terrain sur la ville d'Auch avec un 4e site dédié à cette pratique écologique et pédagogique

La ville d’Auch compte désormais un quatrième site dédié à l’éco-pâturage. Quatre moutons et deux agneaux ont été installés ce jeudi dans le bassin de rétention de la Pause, avec pour mission d’entretenir durablement cet espace vert de 3 000 m².

Bassin d’Embaqués, impasse du Barrail, prairie du Couloumé depuis 2022 : sur ces sites appartenant à la commune d'auch, les tracteurs tondeuses laissent progressivement place aux moutons. L’entretien y est assuré grâce à l’éco-pâturage. Cette pratique ancestrale consiste à utiliser des animaux herbivores comme « tondeuses naturelles » pour entretenir prairies, talus ou espaces verts.

Sur Auch, un peu plus de deux hectares et demi de terrains municipaux sont aujourd’hui entretenus par une trentaine de moutons et d’agneaux, dont sept nouveaux qui ont pris possession, ces derniers jours, d’une parcelle entourant le bassin de rétention de la Pause, destinée à la gestion des eaux pluviales.

Des moutons rustiques

Ces moutons, issus de races anciennes et rares, appartiennent à l’entreprise gersoise Slow Paysages. Gérée par Sébastien Perrou, cette entreprise a fait de l’éco-pâturage son activité principale. L’éleveur élève des ovins rustiques, ni destinés à la production de viande ni de lait, mais sélectionnés pour l’entretien de parcelles enherbées.

« On pratique de l’éco-pâturage extensif. Le but n’est pas de mettre un énorme nombre de moutons qui vont tout manger tout de suite avant de les enlever. L’idée est aussi d’avoir un intérêt social et pédagogique tout au long de l’année pour les riverains. Montrer qu’on peut entretenir des espaces verts autrement qu’avec des machines. Le fait de faire de l’éco-pâturage avec ces ovins de petite taille, qui n’ont pas d’intérêt pour la viande ou le lait, permet aussi de préserver une génétique qu’on a failli perdre. Je possède uniquement des races à faible effectif, des races qu’il faut absolument préserver. On aura peut-être besoin de leur génétique à l’avenir pour préserver la santé des races modernes, plus fragiles et plus sensibles aux maladies", témoigne l'éleveur gersois. 

Des avantages pédagogiques et sociaux

Après des expériences concluantes sur les trois premiers sites, le maire d’Auch, Christian Laprébende, a choisi d’étendre la démarche, séduit par ses bénéfices environnementaux et sociaux.

« C’est une belle aventure, avec des naissances chaque année sur les sites. Mais ce que je retiens surtout, c’est l’effet social : les rencontres avec des enfants, des personnes âgées qui viennent passer du temps à observer ces moutons et découvrir des sites qu’ils ne connaissent pas toujours. Sur ce nouveau site, à la Pause, on voit déjà qu’au moment de l’installation des clôtures, les riverains se sont approchés et ont indiqué qu’ils viendraient plus souvent. »

Depuis l’installation des premiers ovins en 2022, aucune incivilité n’a été signalée par leur propriétaire. Par précaution, celui-ci rappelle toutefois aux riverains de ne pas nourrir les animaux, qui trouvent naturellement leur alimentation sur place.

E.R