« Les personnels eux-mêmes doivent acheter les dispositifs pour retrouver un peu de fraîcheur », les écoles gersoises peu adaptées à la chaleur selon une enquête SE-UNSA

Le syndicat scolaire SE-UNSA a mené une enquête sur l'accessibilité des écoles gersoises face aux risques climatiques. Avec des résultats sans surprise au regard de la période de canicule qui sévit sur toute la France.

« Les écoles gersoises sont peu adaptées aux fortes chaleurs ». Pas de quoi tomber des nues à la lecture du verdict de cette enquête menée par Nicolas Guy, professeur des écoles et membre du syndicat SE-UNSA 32. Trop vétustes, peu ou pas climatisées, bétonnisées à outrance, les équipements scolaires plient été comme hiver et finissent par rompre devant l'exceptionnel, en témoigne cette canicule qui touche la France depuis près d'une semaine. Sans solution pour accueillir les jeunes – et parfois très jeunes comme en maternelle – les écoles sont contraintes de fermer leurs portes l'après-midi, sécurité oblige. Alors à qui la faute ? L'enquête de Nicolas Guy, à laquelle ont participé 61 des 186 écoles du département, ne s'attache logiquement pas à répondre à cette interrogation, mais elle permet de constater l'ampleur du chemin à parcourir pour offrir des conditions d'étude agréables aux futurs élèves et professeurs.

« On en a marre d'avoir des cours où c'est le macadam qui domine »

Le chiffre clé : 57%. Plus d'une majorité des écoles répondantes ne disposent d'aucune salle climatisée, et une proportion similaire n'a pas non plus accès à une « salle refuge ». Conséquence, quand la chaleur monte – avant même les épisodes plus si exceptionnels de canicule – trois écoles sur quatre estiment que les conditions de travail des personnels et d'apprentissage des élèves deviennent dégradées, voire critiques. Sur les 61 sondées, seules 14 écoles se disent en capacité de pouvoir fonctionner correctement dans une configuration où les journées à plus de 33° se multiplient, un constat qui tend à se confirmer au vu des mesures prises cette semaine aux quatre coins du Gers. Autre point d'attention, les cours de récréation, pas assez vertes. « S'assurer qu'on ait des cours d'écoles qui disposent d'assez d'ombre » juge Nicolas Guy, « que la nature y reprenne ses droits. On en a marre d'avoir des cours où c'est le macadam qui domine, on a besoin d'arbres, de végétalisation ».

En tant que titulaire secteur, le professeur-enquêteur est amené à exercer dans plusieurs écoles de l'est du Gers. Des pérégrinations qui nourrissent l'analyse. « On peut voir que localement on a de grosses disparités, des écoles qui ont des climatisations, des cours qui respirent, et d'autres qui cuisent ». Le membre du syndicat SE-UNSA plaide pour des actions à court terme – aménagements d'horaires, climatisation, ombrières à ruban « facilement installées » comme à Toulouse – et forcément à plus long terme. « Il faut penser un plan massif pour rénover le bâti car nos écoles sont vieillissantes » témoigne Nicolas Guy, dont l'enquête a aussi révélé que faute d'investissements dans certaines écoles « quelquefois ce sont les personnels eux-mêmes qui doivent acheter les dispositifs pour retrouver un peu de fraîcheur. Ce n'est pas normal ».

V.M