Les "voix" du patrimoine à bout de souffle. Partout en France, les guides-conférenciers se sont mobilisés le week-end dernier à l'occasion des journées européennes du Patrimoine pour alerter sur le malaise qui frappe leur activité, au point mort depuis mars. Certains sont sans revenus depuis plusieurs mois ni aides de l'état, d'autres doivent composer avec une baisse drastique de revenus et une concurrence déloyale de plus en plus importante de guides non professionnels. Dans le Gers, la dizaine de guides professionnelle que compte le département se sont rassemblés samedi à Auch pour tirer la sonnette d'alarme sur leur situation. C'était notamment le cas de Marie-Sabrina Bonnafé, fondatrice de Pass'en Gers (réseau de guides-conférenciers professionnels proposant des visites insolites sur le département) et membre du collectif des guides conférenciers d'Occitanie. Certains de nos collègues ont de réelles difficultés à se faire indemniser, en particulier ceux qui fonctionnent sur des contrats courts, des contrats saisonniers et pour lesquelles leurs employeurs n'ont pas déclenché le chômage partiel. Pour notre part, dans le Gers, nous sommes moins d'une dizaine à exercer d'une manière régulière et on espère pouvoir continuer à survivre au-delà du délai de la pandémie, mais pour ça il faut qu'on puisse d'une part compter sur le soutien du public, qui continue à nous faire confiance et d'autre part celui des pouvoirs publics qui nous aident à lutter contre la concurrence déloyale."
"On demande davantage de reconnaissance et une meilleure protection de notre métier"
Les revendications des guides conférenciers auprès du gouvernement sont simples. "On demande à ce que les pouvoirs publics reconnaissent davantage le métier de guide conférencier, qui est un métier où on passe une licence professionnelle, où on est formé et où on exerce toute l'année, c'est pas juste un job d'été. Et on demande une vigilance particulière face à la concurrence déloyale que sont les Free Tour (des guides sans formation et payés uniquement au pourboire)", souligne Marie-Sabrina Bonnaffé. Alors que la France est une destination interdite par de nombreux pays en raison de la situation sanitaire, les touristes étrangers pourraient bien ne pas faire leur retour avant de longs mois dans le pays. Face à cette situation, de nombreux guides-conférenciers réclament une année blanche, afin de prolonger les allocations chômage jusqu’au retour des touristes. Selon une enquête publiée par la Fédération nationale des guides, 45% d'entre eux prévoient aujourd'hui de changer de profession. Une étude qui illustre bien le profond malaise qui règne autour de la profession.
E.R