Alain Soler, nouveau président du tribunal de commerce d'Auch

Alain Soler a succédé en début d'année à Jean-Jacques Amann à la présidence du tribunal de commerce d'Auch, après 14 années de bons et loyaux services. Une passation de témoin qui s'est déroulée dans un contexte de crise sanitaire, à huis clos. Chose que regrette Alain Soler.
 
Nouvelle année et nouvelle tête à la présidence du tribunal de commerce. Quelles seront les ambitions pour 2022 ?
Le gros enjeu, ce sera de développer la prévention dans les entreprises. En état de crise sanitaire, le gouvernement leur a permis d'avoir des aides facilitées, notamment pour les charges sociales. Mais au moment de rembourser, certains entrepreneurs pourraient rencontrer des problèmes. Le tribunal peut les aider à passer ce cap mais ils devront se manifester rapidement. On aura des propositions à leur faire. Le tribunal n'est pas seulement là pour sanctionner et heureusement.
 
Comment s'est déroulée cette passation de témoin ?
Pas dans de très bonnes conditions, l'audience solennelle s'est déroulée à huis clos en raison du covid. Le président s'est donné pendant 14 ans au tribunal, avec toute son énergie pour la vie économique. Je regrette que son départ se soit fait comme ça. Le tribunal, c'est une équipe, on ne peut pas exercer tout seul. Je m'appuie sur 11 juges, tous des chefs d'entreprises. Tout le monde peut le devenir mais il faut accepter de faire du droit, être quelqu'un de loyal. Si jamais certains renonçaient, cela pourrait remettre en cause le tribunal d'Auch. C'est une chance que l'on a : on connaît la vie économique et on est en relation avec la direction des finances publiques, le procureur de la République pour ne citer qu'eux. Mais il y a un vrai rapport de proximité.
 
Comment se porte l’économie gersoise ? A t-elle subi elle aussi les aléas de la crise ?
Si on compare avant mars 2020, début de la pandémie, on enregistre une baisse des procédures collectives de 40%. Donc l'économie gersoise se porte bien. On peut dire que les aides portent leurs fruits mais il faudra voir l'après, ce ne sont pas des cadeaux. Il y aura des délais de remboursement.
 
Des chiffres pour illustrer ?
Le nombre d'ouverture de procédures collectives était de 11 en 2021 contre 18 en 2020. Même chose pour les liquidations judiciaires : il y en avait 33 en 2021 contre 38 en 2020.
 
Quels sont les secteurs les plus concernés ?
La restauration et le bâtiment, souvent des PME. On se rend compte que le chef d'entreprise connaît son métier mais n'a pas assez de connaissance en terme de gestion.
N.M