C'est le petit chocolat de Pâques rugbystique (en avance), avec probablement quelques caramels en supplément. Ce samedi le stade Marius-Lacoste de Fleurance accueille la Sélection Nationale de Rugby de la Gendarmerie pour un match de gala face aux espoirs du club local, avec un coup d'envoi à 15h. Autour de la rencontre des animations en relation avec la réserve opérationnelle de la gendarmerie seront proposées aux public, dans le cadre de la Journée Nationale du Réserviste. Une rencontre rendue possible notamment par l'entremise de Jean-Luc Passard, intendant du XV de France et gendarme à la brigade d'Auch.
Retrouvez l'interview de l'entraineur du XV de la Gendarmerie, Denys Bolis.
Je fais partie de la sélection depuis 2018. J'étais joueur avant d'intégrer le staff, fin 2022, pour entrainer les trois-quarts plus précisément. Au niveau professionnel je suis gendarme en unité départementale à Saint-Jean-de-Luz.
Vous êtes entraineur, sélectionneur ?
Nous sommes un staff de trois entraineurs, un des trois-quarts, un des avants qui est Romain Bourgine, et un de l'analyse vidéo, Romain Casas. C'est Romain Bourgine qui est en charge de l'entrainement général.
Quid des joueurs qui composent la sélection ?
C'est un collectif venant de toute la France, issus soit de la Gendarmerie Mobile, soit de la Gendarmerie Départementale soit de la Garde Républicaine, ils sont tous d'active. Nous avons quelques joueurs qui étaient en centre de formation sans percer à haut-niveau et qui sont rentrés dans la gendarmerie. Au niveau des grades dans l'équipe nous avons des gendarmes adjoints volontaires, des gendarmes et des chefs. Un officier chapeaute la sélection avec un autre qui est à la Direction Générale et quelques sous-officiers dans le staff.
Quel est le niveau de vos joueurs ?
Pour prétendre à la sélection il faut évoluer en club, avoir une licence FFR. L'ensemble des joueurs joue entre le niveau régional et le niveau Fédérale 1. En termes de niveau global on se positionne sur un haut de tableau Fédérale 3, milieu de tableau Fédérale 2. Il faut créer une équipe compétitive au mieux, avec le maximum de joueurs pour avoir un vivier important. En fonction des aléas des unités nous n'avons pas nécessairement les mêmes vingt-trois à chaque fois, entre les "mobiles" qui se déplacent en ce moment un peu partout en France, et les raisons de service dans les brigades départementales. Ca nous permet de tester d'autres joueurs et nous essayons via nos gradés supérieurs d'en libérer d'autres quand on le peut.
Comment se déroulent les regroupements au sein de la sélection ?
Nous nous réunissons cinq fois dans l'année, pendant une semaine en général, pour préparer le Championnat de France militaire, qui aura lieu la dernière semaine d'avril à Auxerre. Là nous étions à Mirande, ça s'est très bien déroulé, et nous arrivons sur la fin avec un match face aux espoirs de Fleurance samedi pour préparer le Championnat de France, qui est un tournoi à quatre avec l'Armée de Terre, l'Armée de l'Air et la Marine. Avant de rencontrer les autres armées nous essayons de jouer contre une équipe locale des lieux où nous nous rassemblons. Nos rassemblements se basent sur les clubs qui acceptent de nous accueillir et de nous affronter, et nous tentons de hausser le niveau de jeu au fur et à mesure.
Qu'attendez-vous justement de ce match contre les espoirs de l'AS Fleurance ?
Je pense que le match de ce week-end va être équitable. On va voir de belles choses, en attendant de découvrir si notre semaine de préparation a été bien assimilée, et retranscrire ce qu'on a fait dans la semaine en vue de l'objectif final, ce championnat de France militaire. Les armées se basent sur le championnat de France pour effectuer la sélection de tous les meilleurs joueurs disponibles pour créer l'équipe de France militaire et rayonner à l'international en participant notamment à la Coupe du Monde. On attend fin avril pour pouvoir dire aux joueurs qui est sélectionné ou non.
Avez-vous eu l'occasion de disputer des rencontres internationales ?
Avec la sélection gendarmerie nous avons eu la chance de faire une tournée en Afrique du Sud pour y rencontrer la Police, l'équipe pénitentiaire et l'Armée sud-africaines. Nous avons fini vainqueurs du petit tournoi ! Si vous avez l'occasion d'en parler aux joueurs, et je jouais à ce moment là d'ailleurs, c'était très très rude. Des physiques impressionnants mais très intéressants à jouer. C'est un autre rugby, dense et physique mais nous nous sommes régalés.
Et ce genre de matchs de gala, comme à Fleurance, c'est un moyen de mettre en lumière l'institution ?
C'est le but, essayer de faire rayonner la gendarmerie via le rugby, la sélection. Le tout c'est de transmettre les valeurs gendarmerie qui sont assez communes au rugby. Nous tenons à remercier le camping qui nous accueille à Mirande, le camping du Paradis. Ils ont tout mis à notre disposition pour que nous soyons bien logés et que nous puissions bénéficier des infrastructures. Le club de Mirande (l'EAB XV) aussi, ainsi que Henry Broncan qui était au quotidien au bord du terrain avec nous, pour échanger et nous raconter des anecdotes sur ses nombreuses années de rugby.
Crédit photo : Stéphane Vignes, Steph V. Photos
V.M