Futur centre de tri à Masseube : plusieurs collectifs réclament une enquête publique

Le préfet du Gers a été saisi le 27 octobre par un collectif d'associations environnementales du département au sujet de l'ouverture, à l'horizon 2024, d'un centre de tri de déchets à Masseube. Sylviane Baudois, de l'association Bien Vivre dans le Gers, s'étonne que la société Trigone n'ait concerté ni les riverains, ni le collectif.
 
Ce centre de tri verrait le jour en 2024 ?
C'est en tout cas ce que Trigone annonce, malgré le peu de documents qu'on a sur le sujet. C'est d'ailleurs ce qu'on dénonce, ce manque de concertation. Nous ne sommes pas contre les centres de tri et de sites pour traiter les déchets ménagers. Mais pas n'importe comment. Ce qu'on reproche depuis des années, c'est le manque de transparence et de concertation. Ils ont annoncé ce projet à Masseube il y a deux ans pour remplacer celui d'Auch, sans plus de détails. Et depuis juin, on en sait plus grâce aux riverains qui ont vu le permis de construire mais sans réunion d'information au préalable. Nous n'avons pas non plus, en tant qu’associations environnementales, été concertées. Ce centre va concerner trois départements : le sud de la Haute-Garonne, les Hautes-Pyrénées et le Gers. Soit 450 000 habitants, avec des distances à parcourir importantes, un bilan CO2 et des nuisances sonores. Sur le fond, on ne comprend pas pourquoi Masseube, pourquoi ne pas réhabiliter celui d'Auch ? Pourquoi une grosse structure comme ça ? C'est 30 000 tonnes de déchets par an. On n'est pas dans une configuration pour favoriser la diminution des emballages et autres déchets produits. On va les importer depuis les autres départements alors qu'on est le moins peuplé. Ça nous paraît ahurissant.
 
Ce sont les flux de camions qui vous inquiètent ?
Oui. Et tout ce qui va avec. On peut rajouter que le terrain va être bétonné alors que c'est une zone cultivée. Il y a donc des risques d’inondation réels. On sait qu'il n'y aura pas d'enquête publique mais pourquoi refuser toute possibilité aux gens de s'exprimer ?
 
Et vous avez donc saisi le préfet. Qu'attendez-vous de sa part ?
On a demandé qu'au moins cette question soit mise au sujet du prochain CODERST. Il a le droit aussi de le faire, tout comme il peut décider d’organiser une enquête publique. On est qu'au début des actions à mener.
 
C'est-à-dire ? Vous comptez aller plus loin ?
Il y a eu des tracts distribués à Masseube et une pétition lancée. On va continuer l'envoi de courriers aux interlocuteurs : collectivités, préfet, Trigone, le conseil départemental du Gers. Et puis selon les réponses, on fera en début d'année prochaine des actions, peut-être sur le terrain. Ça dépendra.
 
 
 
Précision : La demande d'inscription au prochain CODERST aurait été refusée mais une enquête publique pourrait être réalisée, selon la préfecture du Gers.
 
N.M