A quelques jours de Noël, les colis affluent en nombre dans le Gers. Visite du centre de tri de la Poste à Auch.
L'art de tout reporter à plus tard, de préférence au dernier moment, n'échappe pas à la période des emplettes de Noël. Les petits lutins lapons n'existant que dans les rêves des petites têtes blondes, le secteur marchand est à pied d'oeuvre depuis le Black Friday et jusqu'au réveillon, à tout le moins – sans compter le désormais fréquemment relaté rush post-déception au pied du sapin. Dernière partie de la rampe de lancement des jouets par milliers (par milliards dirons-nous de manière actualisée), La Poste vit sa peak period cette semaine.
Dans le Gers, la plateforme postale située à Auch, s'active au rythme des camions qui redistribuent les colis arrivées de Toulouse vers les « quartiers » du département. De cinq en période régulière, « ce matin on était sur un maximum de onze camions » relate Alexandra Knorr, directrice d'établissement pour l'ouest du Gers. Comptez environ un véhicule pour 10 000 colis, puisque le volume total de 110 000 produits dépasse de quarante à cinquante mille la masse totale habituelle.
Au sein de l'entrepôt situé rue Pelletier d'Oisy on s'active pour trier les objets, plus ou moins volumineux, à expédier direction Condom, Simorre ou Eauze. Avec l'afflux de paquetages toujours plus nombreux, les mains viennent à manquer, renforcées par des dizaines d'intérimaires et employés en contrat à durée déterminée, qui viennent grossir les rangs d'un centre de tri fort de 60 personnes fin décembre. Ces supplétifs sont formés la semaine précédant leur prise de fonction, de sorte que « la qualité de service » soit toujours au rendez-vous.
Dans les pile, des livraisons à domicile évidemment, mais aussi de plus en plus de colis à récupérer en points de collecte selon Alexandra Knorr ; les bacs vers les points relais et autres Amazon Lockers, remplis à ras-bord en attente d'acheminement, en attestent. De la récupération du produit par la Poste – souvent débarqué de Chine comme ces innombrables colis Temu, la nouvelle plateforme d'achat à coûts très réduits – à la livraison, la question de la traçabilité de l'objet. On flash sans mesure les code-barres qui passent sous la main, pour assurer au client un suivi en direct de l'état d'avancement de sa commande. Un moyen pour la Poste, qui représente avec ses filiales Chronopost ou Colissimo plus de la moitié du trafic de colis dans l'hexagone, d'assurer la fameuse qualité de service. « Nous sommes les seuls à proposer la double présentation. Si le client n'est pas chez lui, il a la possibilité le lendemain de se refaire livrer chez lui ou sur un point qu'il souhaite ». Histoire de ne pas rater les petits souliers.
V.M