Quelques jours seulement après sa réélection au poste de député de la première circonscription du Gers, Jean-René Cazeneuve a été élu, ce jeudi, rapporteur général de la commission des finances. Un poste clé, dans un contexte politique délicat.
Jean-René Cazeneuve aurait sûrement préféré un contexte politique plus stable et une Assemblée nationale moins morcelée pour remplir la mission qui lui est demandée. Quoi qu'il en coûte, le nouveau rapporteur de la commission des finances va devoir s'acclimater à ce nouveau poste de « haute responsabilité », où il fera figure de pivot entre le gouvernement et le parlement sur la question des textes budgétaires.
Objectif ? « Compromis »
Jean-René Cazeneuve pourra s'appuyer sur son expérience du quinquennat précédent. Il avait été chargé, par l'ancien Premier ministre Jean Castex, d'évaluer l'impact de la crise sanitaire sur les finances locales. « Beaucoup des mes propositions ont d’ailleurs été adoptées pour aider les collectivités à surmonter cette crise. Là, je serai le rapporteur financier de tous les textes pendant le mandat et, dans la configuration de ce parlement à la majorité relative, l’essentiel va être de trouver des compromis dont on parle beaucoup sur les textes budgétaires. Je pense notamment au texte sur le pouvoir d’achat qui va être présenté la semaine prochaine au Conseil des ministres ».
« Défis colossaux »
Transition écologique, guerre en Europe et inflation du pouvoir d'achat. Les dossiers sont épais pour le parlementaire, et n'ont pour autre issue que la fenêtre des « compromis ». « Le travail de l’Assemblée est très compliqué et les défis sont colossaux. L’inflation du pouvoir d’achat, la guerre en Europe, la maîtrise des finances publiques qu’il faut absolument refaire, la transition écologique. Il y a vraiment de grosses urgences et on le fait dans un contexte politique plus compliqué puisqu’il faut trouver des compromis avec tous les partis. Évidemment, ça rajoute une difficulté supplémentaire mais c’est le choix des Français de ne pas avoir donné la majorité absolue à Emmanuel Macron. On va fonctionner comme ça ».
Autre difficulté, le déficit public conséquent. « On le sait tous. Il va falloir rembourser la dette. Le simple fait que le taux d’emprunt soit de 2% fait que le poids de la dette va augmenter en 2022 de 17 milliards d’euros. Il faut absolument maîtriser nos finances publiques. C’est une nécessité pour nos enfants et petits enfants ».
Malgré ce nouveau rôle qui lui est confié, Jean-René Cazeneuve l'assure : il ne délaissera pas sa mission de député du Gers pour autant. « C’est ma mission. Il faut peut-être que je m’organise un peu mieux, la charge de travail va être plus importante. Ce poste à responsabilité va me permettre de porter les projets gersois auprès du gouvernement et des différents acteurs qui peuvent développer le territoire ».
Jean-René Cazeneuve succède à Laurent Saint-Martin. Il occupait le poste de rapporteur général du budget depuis janvier 2020.
N.M