La fête de la science, c'est jusqu'à samedi à Mirande

La 29 ème édition du village des sciences a commencé mardi à la salle Beaudran de Mirande. Une saison bousculée par la crise sanitaire mais l'association organisatrice de l'événement « A ciel Ouvert » a mis en place un protocole sanitaire permettant aux 900 enfants de profiter pleinement du festival, basé cette année sur la thèmatique de la relation entre l'Humain et la nature. Entretien avec Bruno Monflier, le président.
 
 
Le village des sciences se déroule cette année dans un contexte particulier...
On a mis au point un protocole qui ressemble à celui mis en place pour le festival d'astronomie. On prend la température à tout le monde, on met à disposition du gel hydroalcoolique avec un schéma de circulation pour que personne ne se croise.
 
L'objectif de cette manifestation ?
Cette année, la manifestation a pour thèmatique les relations entre l'Homme et la nature. Mais l'objectif de l'événement a pour but de sensibiliser le public au domaine de la science. De leur faire comprendre ce qu'elle peut faire, ou non. On est aujourd'hui dans une situation où il y a une recrudescence de l'intégrisme, de l’obscurantisme, de la multiplication des fake news. Et la science est donc remise en question. L'idée est de dire que la science a une démarche et une façon de voir le monde. Elle permet une certaine objectivité. On a le sentiment que dans ce monde de plus en plus irrationnel, la science est un thème sur lequel se raccrocher.
 
Les gens ont perdu confiance en la science ?
Il y a une évidente remise en cause de la science avec toutes ces histoires autour du covid. Ça a facilité une remise en cause de la crédibilité de la science, c'est un bel exemple de la critique. Parce qu'elle est parfois professée par des gens qui n'agissent pas comme de vrais scientifiques.
 
Le conflit entre le conseil scientifique et le docteur Raoult par exemple? C'est quelque chose qui peut parler aux enfants?
Oui ça les intéresse. Ils sont tous mobilisés, alertés sur ce problème. C'est extraordinaire d'imaginer que des gamins de plus de 11 ans soient contraints de porter un masque. C'est une épreuve étonnante pour eux. Ils se posent des questions et on essaie de leur répondre. Ils le font plus naturellement que les adultes. Remettre en doute ce qui n'a pas été prouvé, c'est une bonne chose.
 
La thématique cette année évoque le climat, un sujet qui fait aussi parler les enfants...
La nature suscite des questions avec notamment le phénomène de dérèglement climatique. Le thème est d'actualité. L'Homme n'a jamais eu autant de pouvoir à modifier son environnement et ça ne va pas dans le bon sens. C'est bien de leur faire comprendre à cet âge. Il faut essayer de mobiliser les jeunes au moment où ils sont le plus réceptifs à ces remises en cause.
 
Une manière de contrer aussi le climatoscepticisme ?
Il y en a de moins en moins parce que les faits sont là et c'est dur de les nier. Il y a les gens qui ne croient pas à la modification du climat, et ceux qui veulent bien reconnaître un changement mais qui n'admettent pas que ce changement tient son origine largement dans des activités humaines. C'est la forme la plus radicale selon moi. Tous les scientifiques disent que l'impact humain est décisif, donc il faut agir.
 
Que répondre à ceux qui pointent du doigt les multinationales tout en se déchargeant de leur responsabilité individuelle ?
Ce sont des gens qui n'admettent pas qu'il y a un impact. Quand tu prends l'avion pour aller à l'autre bout du monde, c'est pareil, tu consommes du kérosène avec une émission de gaz à effet de serre. Ce sont des comportements habituels et qui ne donnent pas l'impression d'avoir une incidence, mais la somme de tous ces actes individuels crée forcément un impact mesurable.
 
Le confinement avait permis une amélioration de la qualité de l'air. Ces mesures drastiques sont-elles nécessaires pour contrer le dérèglement climatique? N'est-il pas déjà trop tard ?
Certaines choses déjà déclenchées sont dures à arrêter mais je ne peux pas en dire plus, ce n'est pas le sujet que je maîtrise le plus, mais je pense qu'on a une responsabilité. Trop tard, je ne sais pas mais beaucoup de choses sont en train de se passer. Supprimer tous les gaz à effets de serre dans 20 ans c'est peu crédible mais est-ce qu'on aura le choix? On a deux solutions. Soit on laisse faire et on va dans le mur. On ne pourra que constater. Ou alors on essaie de s'organiser maintenant pour limiter l'impact, répartir les richesses à l’échelle de la planète.
Propos recueillis par N.M