Les agriculteurs de la région, dont une délégation du Gers, ont manifesté en nombre ce mardi à Mont-de-Marsan contre les restrictions d'irrigation

Ils sont venus de toute l'Occitanie, accompagnés par plusieurs dizaines de tracteurs, pour clamer leur colère, dans les rues de Mont-de-Marsan. Près d'un milliers d'agriculteurs irrigants des Landes, mais également du Gers, des Pyrénées Atlantiques, et des Hautes Pyrénées se sont mobilisés en nombre, ce mardi, dans la préfecture landaise, contre une récente décision de justice du tribunal administratif de Pau qui entend limiter les quotas d'autorisation de prélèvement d'eau dans le bassin de l'Adour. Une décision qui a fait l'objet d'un appel du comité syndical Irrigadour et du ministère de la Transition écologique.

"Une décision qui va mettre en difficulté le monde agricole pour les années à venir"

Si les Landes, serait le département le plus touché par ces restrictions, 3 autres départements, dont l'ouest du Gers seraient également impactés par cette mesure qui prendrait effet à compter de mai 2022. Une délégation de jeunes agriculteurs du Gers a donc le voyage dans les Landes pour faire entendre leur colère. Parmi eux Benoit Dupuy, secrétaire des JA du Gers, pour qui cette décision de justice est une hérésie. Il tire la sonnette d'alarme si elle venait à se confirmer et rappelle l'importance de l'irrigation.

C'est une décision très abrupte qui va mettre en difficulté le monde agricole sur le secteur touché pour les années à venir. On peut pas demander à un agriculteur qui a investi dans l'irrigation, pour être plus performant pour pouvoir mieux irriguer, du jour au lendemain on ne peut pas lui dire on te ferme les vannes et tu te débrouilles. C'est une décision totalement incompréhensible qui va mettre beaucoup d'exploitations dans la difficulté.”

Alors que le monde agricole est tancé par certaines associations écologistes sur leur gestion des ressources en eau, Benoit Dupuy, tient à rappeler que les agriculteurs font de nombreux efforts pour réduire le volume d'eau utilisé sur leurs exploitations.

Le monde agricole a évolué dans les techniques. On a des enrouleurs, des systèmes d'irrigation de plus en plus performant et de plus en plus précis, où on est capable d'amener juste ce qu'il faut pour les besoins de la plante. Ce qui permet de beaucoup mieux gérer la ressource en eau.”

Philippe Martin, Président du Conseil Départemental du Gers, aux côtés des agriculteurs gersois concernés

Dans leur combat, les agriculteurs gersois ont pu compter sur un soutien de taille celui des élus de la majorité départementale. Les Conseillers départementaux Nathalie Barrouillet et Gérard Castet étaient dans le cortège de manifestants. Quant au président du département, Philippe Martin, il s'est rendu cette après-midi au Lac d’Arblade-Le-Bas pour apporter son soutien aux agriculteurs irrigants du secteur. Il espère qu'une solution d'apaisement pourra être trouvée en appel.

"La décision rendue par le Tribunal Administratif de Pau ne laisse pas d’interroger. Elle ne prend pas en compte la gestion quantitative de l’eau mise en œuvre par Irrigadour pour répondre aussi bien aux attentes des agriculteurs qu’à la nécessité de préserver l’environnement. Elle est susceptible de mettre en cause la pérennité des près de 800 exploitations agricoles gersoises concernées puisque le plafonnement imposé par le Tribunal Administratif de Pau sur la base des moyennes de prélèvement sur les 10 années précédentes, pourrait aboutir à réduire de 30 à 50% les volumes d’eau percevables pour l'irrigation agricole en 2021."

E.R