Les conséquences de la guerre en Ukraine pour l'agriculture gersoise au cœur d'une conférence ce soir à Montaut-les-Créneaux

Ce soir à Montaut-les-Créneaux, une conférence est organisée pour collecter des fonds pour les enfants ukrainiens et faire de la lumière sur l’impact de la guerre en Ukraine. Entretien avec Laurent Palau, expert de l’agriculture et du secteur semencier en Europe de l’Est, co-organisateur de cet événement.

Quelles sont les conséquences de ce conflit sur l’agriculture gersoise? 

Le contexte est favorable pour les agriculteurs gersois et d’ailleurs. Il faut savoir que le Gers est une terre de céréales et de tournesol. Les agriculteurs vont avoir un prix de vente de ces céréales qui va être très à la hausse. Mais il y a aussi un impact direct sur le coût des matières premières comme l’huile et la farine. Le pain chez le boulanger va augmenter. Pour l’huile de tournesol, les prix de revient vont être impactés à la hausse. Lors de cette conférence, nous aurons la chance de recevoir Vitaly Prudnikov, le directeur du  développement de la filiale semences de Maïsadour en Ukraine qui nous en dira plus sur les difficultés de la filière agricole notamment sur les prochaines récoltes de céréales ou les semis de tournesol au printemps. 

 Quels sont les moyens pour que les consommateurs évitent de payer ces produits à plein tarif? 

Compte tenu des céréales que l’on a en France, on pourrait potentiellement être autonome et inhibé cette hausse. Mais ce qui se passe en Ukraine va directement impacter la France. Un certain nombre de produits agricoles français sont exportés, d’autres sont importés comme le blé fourrager pour l'alimentation animale. Ce n’est plus le cas aujourd'hui. ça va être très difficile de réguler cette hausse des prix. En ce qui concerne les oléagineux, même si la France et l’Europe se mettait à planter énormément de colza et de tournesol dès l’été 2022, ça ne suffira pas à endiguer la hausse. Aujourd’hui, on est vraiment exposé à subir cette hausse. 

Vous parlez d’import et d’export, il y a de lourdes conséquences à noter sur ce point là? 

Il faut savoir que pour l’huile, la France est très dépendante de l’Ukraine. Il faut se rendre compte que l’Ukraine et la Russie représentent 80% de la production dédiée à l’usage industriel et de la grande distribution. Le marché français et européen sera forcément impacté à la hausse pour le consommateur. Je ne pense pas que l’on ne manquera d’huile mais on va devoir accepter une augmentation du prix très conséquentes. 

 Vous avez dit que l'Ukraine était un exportateur majeur, C’est toujours le cas aujourd’hui? 

L’exportation est au point mort. L’Ukraine n’est plus vendeur. Le port d’Odeyssa, dédié à l'exportation, est complètement bloqué. L’Ukraine n’est plus dans une position d’approvisionneur comme elle pouvait l’être. Il y a plus de vendeurs, ce qui peut poser un problème géopolitique. La France peut s’auto-suffir via l’Europe et autre mais des pays africains comme l’Egypte, la Tunisie vont être impactés par la flambée des prix. Ils vont se retrouver en incapacité d’acheter du blé du fait de la hausse et de la disparition de l’Ukraine sur l’export, ce qui va entraîner des flux migratoires vers l'Europe.    

Une soirée qui se veut aussi solidaire…

Cette conférence est aussi organisée pour collecter des fonds pour les enfants ukrainiens qui seront fléchés vers l'Unicef. 

La conférence est ouverte à tous à partir de 20h30 ce soir, à la salle des fêtes de Montaut-les-Créneaux. 

Propos recueillis par M.G