Prime de 100 € pour les infirmiers de réanimation : la colère des aides-soignants gersois privés de prime

"On est un peu les oubliés de la réanimation, on fait un métier formidable, mais avec un statut for-minable". Les aides-soignants du service réanimation l'hôpital d'Auch, en 1re ligne depuis le début de la crise sanitaire de COVID-19, étaient en grève, mardi 1er février, comme un peu partout en France. À l'appel de la CGT santé action sociale du Gers, les soignants se sont rassemblés devant l'antenne départementale de l'ARS à Auch pour faire entendre leur colère. En cause notamment : une récente annonce du Premier ministre, Jean Castex. Au cours d’une visite dans un centre hospitalier de Créteil, fin décembre, le Premier ministre a annoncé le versement d'une prime de 100€ net par mois dès le mois de janvier au profit des infirmiers et cadres de santé des soins critique. Une annonce qui a fait grincer des dents chez les aides-soignants, exclus du dispositif. La goutte qui a fait déborder le vase pour une profession à flux tendu depuis plusieurs mois, comme l'explique Laure, aide-soignante en réanimation à l'hôpital d'Auch. 

"On est un peu les oubliés de la réanimation. Du fait qu'on alloue une prime aux infirmiers et pas aux aides-soignants, ça veut dire qu’on n’existe pas, qu'on n’est pas considéré. Alors qu'un infirmier a besoin de son aide-soignant en permanence pour effectuer les soins, on travaille en binôme."

En visite à Auch, le porte-parole des médecins urgentistes de France réclame des moyens humains supplémentaires conséquents 

Un mouvement de grève pour dénoncer également les conditions de travail et le manque de moyens humains auxquels ils doivent faire face au quotidien. Des problématiques qui se sont accentuées avec la crise de la COVID-19 comme le souligne Laure. 

" Avec le COVID, c'est une surcharge de travail permanente, c'est chronophage, il faut qu'on puisse être en nombre suffisant pour prôner des soins de qualité."

C'est dans ce contexte que Christophe Prudhomme, porte-parole des médecins urgentistes de France et délégué national CGT Santé, était de passage lundi à Auch pour animer une réunion publique autour du thème : la santé relève-t-elle du secteur public ou du secteur marchand ? À cette occasion, le médecin habitué des plateaux TV a témoigné de son inquiétude quant à la situation dans les services de réanimation du pays et réclamer des moyens urgents.

"Il y a besoin aujourd'hui vraiment de changer de logiciel et de dire clairement qu'il va falloir mettre des moyens humains supplémentaires conséquents pour qu'on puisse l'été prochain, l'hiver prochain, ne plus être en permanence sous tension. Car, cette tension épuise les personnels. Et ce qui aggrave encore un peu plus la situation aujourd'hui c'est que dans de nombreux établissements aujourd'hui, nous avons une fuite du personnel et un abandon du métier."

Une délégation de soignants a été reçue hier après-midi par le directeur départemental de l'Agence régionale de santé du Gers, Didier Pier-Florentin, qui s'est engagé à faire remonter les revendications des personnels. 

E.R