Charlotte Beluet : "la plupart des affaires judiciaires concernent des violences conjugales"


03 avril 2020
Focus dans nos éditions de la soirée sur un fléau qui ne fait que s'aggraver depuis le début de la mise en place du confinement, le 17 mars dernier : les violences conjugales. Même si dans le département du Gers, la progression des faits s'avère finalement plus lente que la moyenne nationale qui enregistre, à peu près une augmentation de plus de 30 % de signalement des faits, les dernières affaires jugées au tribunal correctionnel d'Auch l'ont été pour ce motif selon le procureur de la République Charlotte Béluet. "Pour l'instant nous sommes en-dessous de la moyenne nationale, pour la simple et bonne raison que nous, de toute façon, on a une augmentation de plus de 30% du nombre de faits de procédures chaque année. Là, on a une légère augmentation de ce contentieux en ce moment, on ne défère presque plus que ça excepté des faits d'agressions envers un policier ou un gendarme lors d'un contrôle. Le confinement aggrave la situation des familles déjà fragilisées à la base par des violences en son sein". L'alcool ou les stupéfiants sont souvent au centre des affaires de violences conjugales. "Dans 40% des cas il y a de l'alcool associé. Là, les dernières procédures, on a des addictions, alcool ou stupéfiants. Sur les 7 présentations qu'on a eues, dans 5 d'entres elles c'était le cas". Le gouvernement pour sa part a mis en place des points d'accompagnements éphémères dans les centres commerciaux et dans les pharmacies. Est-ce suffisant ? "C'est déjà bien, selon Charlotte Béluet. Mais le confinement n'empêche pas de déposer plainte. C'est très dur puisque la victime est potentiellement confinée avec son agresseur. Les voisins ont un vrai rôle à jouer : dès qu'ils ont connaissance de quelque chose, ils doivent le signaler aux autorités".
 
92% des cas dans le Gers sont des violences conjugales envers les femmes
Dans un département comme le Gers, en plein le monde rural, c'est une difficulté supplémentaire pour libérer la parole. "La ruralité aggrave la difficulté pour parler, c'est une évidence dû notamment à l'absence de service public". Témoignage à retrouver dans nos éditions de la soirée.

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