Harcèlement scolaire : « le développement des réseaux sociaux a aggravé les conséquences »


22 janvier 2020

Insultes, moqueries, coups, c'est un fléau qui touche depuis de nombreuses années les établissements scolaires en France, dont ceux du Gers : le harcèlement scolaire. 700 000 élèves en sont victimes dans le pays, dont la moitié de manière sévère, soit 5 à 6% des élèves au total. Une problématique prise très au sérieux, ces dernières années du côté de l'Éducation nationale. D'autant qu'avec le l'émergence des réseaux sociaux, une nouvelle forme de violence en milieu scolaire a vu le jour : le cyber harcèlement. Aux conséquences tout aussi graves. De quoi, laisser imaginer, que le nombre de cas de harcélement a été multiplié en France ces dernières années. Pas vraiment à en croire Jean-Pierre Bellon, pionnier de la lutte contre ce harcèlement entre élèves en France. « Il y a une constante. Les premières enquêtes qui ont presque 40 ans ont montré qu’il y avait des 10% des élèves qui en étaient les victimes. Aujourd’hui on est encore sur ce taux de 10%. Ce qui a changé les choses, c’est le développement des réseaux sociaux, qui a aggravé les conséquences. L’élève victime de harcèlement, il est maintenant de façon continue, 7 jours sur 7, 365 jours par an, c’est vraiment non-stop», constate le professeur de philosophie, auteur de plusieurs livres sur cette thématique.

Un moyen de lutte efficace : "la méthode de la préoccupation partagée"

Comment lutter donc efficacement contre ce fléau ? C’était justement l’une des raisons de la venue du fondateur de l’Aphee (l'Association pour la prévention de phénomènes de harcèlement), ces derniers jours à Auch. Également membre du comité national d’experts créé par le ministre de l’Éducation nationale pour lutter contre le harcèlement scolaire, il est chargé par le ministère de diffuser aux 4 coins du pays sa « méthode de la préoccupation partagée ». "Une technique qui vient de Suède, adaptée en France, qui règle les situations de harcèlement en travaillant avec les élèves qui ont pris part à l’intimidation. Au lieu de les culpabiliser, ou de les blâmer, on va chercher avec eux, qu’est-ce qu’il pourrait faire pour venir en aide à l’élève qui souffre.", précise sur notre antenne, Jean-Pierre Bellon. Cette méthode qui permettrait de « résoudre 8 cas de harcèlement sur 10" et qui a fait ses preuves dans de nombreux pays (Australie, Canada, Finlande) est actuellement expérimentée dans différentes académies, dont à Toulouse. 

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