À Auch, trois trentenaires rêvent d’un cybercafé inclusif dédié à l’e-sport

17 avril 2026 - 15:26

À rebours des clichés sur le jeu vidéo, Joana, Mathilde et Alexis veulent implanter à Auch un lieu hybride, entre cybercafé et espace social. Leur ambition : démocratiser l’e-sport, en faire un outil d’inclusion et offrir aux jeunes -comme aux moins jeunes- un espace de rencontre, d’apprentissage et de compétition.

À première vue, rien ne prédestinait Joana, Mathilde et Alexis à porter un tel projet. Et pourtant, ces trois passionnés d’une trentaine d’années partagent aujourd’hui une même conviction : l’e-sport peut être bien plus qu’un simple loisir. À Auch, ils souhaitent ouvrir, dans les mois à venir, un cybercafé nouvelle génération, pensé comme un lieu ouvert à tous, sans distinction d’âge ni de milieu.

À l’origine de leur initiative, une association -Unit Némésis- tournée vers la promotion de l’e-sport au niveau local. « On est déjà présents en ligne, notamment sur Valorant [NDLR, un jeu de stratégie] », explique Joana. Ce jeu compétitif, qui oppose deux équipes de cinq joueurs, incarne parfaitement leur vision : « Dès qu’on joue de façon compétitive, qu’on soit débutant ou professionnel, c’est de l’e-sport. » Mais leur projet dépasse largement le cadre du jeu en ligne.

« On veut y ajouter une dimension sociale »

L’idée ? Créer un espace où l’on puisse à la fois jouer, apprendre, échanger... et même, à terme, réaliser des démarches administratives ou faire ses devoirs. Un lieu de vie, en somme. Car pour Mathilde, l’e-sport reste aujourd’hui marqué par une inégalité d’accès. « Il ne faut pas se le cacher : c’est une pratique qui demande des moyens. Un ordinateur performant, c’est au moins 1 500 euros. » Leur futur cybercafé pourrait ainsi lever cet obstacle, en mettant à disposition du matériel adapté. « On veut que tout le monde puisse s’épanouir. On veut y ajouter une dimension sociale. » Le projet vise aussi à répondre à des réalités sociales bien concrètes. Offrir un cadre aux jeunes après l’école, proposer une alternative à l’isolement, accueillir des familles. « Quand certains enfants rentrent chez eux, ce n’est pas toujours simple », rappelle Mathilde.

Démocratisation de la discipline

De son côté, Alexis observe l’évolution rapide de la discipline. « L’e-sport s’est démocratisé, notamment grâce aux influenceurs comme Squeezie ou Kameto. » Une popularité portée par les plateformes en ligne, qui touche principalement un public de 15 à 30 ans. « Aujourd’hui, tout le monde passe par YouTube. Ça attire et ça fidélise. » Mais au-delà de l’engouement, les trois associés veulent déconstruire les idées reçues. « Il y a beaucoup de clichés autour du jeu vidéo », regrette Alexis. Selon lui, la pratique développe des compétences précieuses : « la coopération, la réflexion, la capacité à résoudre des problèmes ». Il évoque même des passerelles inattendues : « Dans mon école, on travaillait avec la Marine nationale sur des logiciels de stratégie. »

« On est ouverts au sponsoring »

Pour donner vie à leur projet, plusieurs défis restent à relever. Le financement d’abord : « On est ouverts au sponsoring », confie Alexis. Des partenariats avec des marques pourraient permettre d’équiper le lieu et de soutenir son fonctionnement. À plus long terme, ils envisagent aussi des interventions dans les écoles pour sensibiliser à l’e-sport et à ses enjeux.

Reste enfin la question du lieu. Et sur ce point, les trois fondateurs sont unanimes : « Le centre-ville serait idéal, pour être accessible au plus grand nombre. »

N.M

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