Ils vont de nouveau tomber leurs blouses pour exprimer "leurs blues". Plusieurs organisations syndicales, dans le cadre d'une journée nationale de grève, appellent les salariés de la santé et de l'action sociale à occuper dès 10h30 la place de la Libération en haute-ville à Auch pour faire entendre leur épuisement et ras-le-bol face à leurs conditions de travail. Alors que la 5e vague de COVID-19 touche de plein fouet le pays et notamment le Gers avec un hôpital d'Auch au bord de la saturation, les syndicats dénoncent une situation "de plus en plus catastrophique" au sein de l'hôpital public. Avec des problématiques qui ne cessent de s'accumuler. Entretien en marge de la manifestation avec Christophe Bukovec, secrétaire départementale de la CGT Santé action sociale du Gers.
Quels sont les messages que vous souhaitez faire passer au travers cette journée d'action ?
"Nos organisations syndicales dénoncent une situation catastrophique. On doit composer avec des effectifs insuffisants et un manque de reconnaissance des qualifications qui se traduit sur un plan salarial, avec notamment l'exemple du Ségur de la Santé. Une mesure qui divise et crispe les personnels qui ont été oubliés. On doit également faire face à une perte d'attractivité des métiers du social et du médico-social. La dégradation des conditions de travail ne cesse de s'aggraver dans ces secteurs. On est également très inquiet pour tout ce qui concerne les questions d'accès aux soins. On a encore énormément de fermetures de lits qui continuent à être effectuées. On est à près de 5700 lits qui ont été fermés en pleine crise sanitaire. Dans le département, il se pose la question des lits en psychiatrie. Il va y avoir encore des fermetures de lit dans les prochains mois, ce qui est insupportable au regard des difficultés qu'il y a déjà sur le secteur de la psychiatrie."
Ces problématiques que vous dénoncez ne datent pas d'aujourd'hui ...
"Les difficultés ne sont pas nouvelles. Mais là, on voit bien qu'on arrive au bout du bout de ce qu'on pouvait supporter, notamment en termes d'investissement des personnels. Si, aujourd'hui les établissements tiennent c'est grâce à la disponibilité de tous les salariés, techniques comme soignants. Mais, jusqu'à quand ils vont réussir à tenir ce rythme infernal, ça je ne sais pas."
On vous sent vraiment très inquiet pour la santé des personnels ?
"Oui, on a beaucoup de retours qui nous informe de l'épuisement des personnels à l'hôpital, en psychiatrie, mais également dans les Ehpad. Les personnels tombent également malades. Il y a la grippe, le Covid, mais également des burn-out. C'est vraiment compliqué et le pire c'est qu'on ne voit pas d'issue arriver. Le Ségur était censé amener de l'attractivité, répondre aux besoins de la population, aujourd'hui ce n'est pas du tout le cas."
Que pensez-vous des réponses gouvernementales ?
Le rendez-vous est donné à 10h30 devant l'Agence régionale de Santé, place de l'ancien foirail avant l'occupation de la place de la Libération. Une délégation sera reçue à 12h en préfecture par le Préfet du Gers, Xavier Brunetiere et Didier-Pier Florentin, directeur départemental de l'Agence Régionale de Santé dans le Gers.
E.R