Camille Bonne dirigeait hier soir son premier conseil municipal depuis son élection officielle comme maire d’Auch. Désignation des représentants de la commune dans les commissions, associations et organismes, vente d’un hangar de la caserne Espagne à une société immobilière pour la création d’un pôle de loisirs multi-activités, vote des indemnités de fonction des élus et des impôts locaux : de nombreux sujets majeurs étaient à l’ordre du jour. Certains ont donné lieu à des échanges musclés entre la majorité et les élus d’opposition. Le point sur les grands enseignements à retenir de cette session :
Lors de son intervention liminaire, le nouveau maire d’Auch a souhaité réagir à un article de presse de nos confrères de Mediapart, relayant des propos racistes et sexistes tenus par une « poignée d’étudiants » de l’IUT d’Auch.
« C’est un sujet d’actualité qui a choqué, je le sais, bon nombre de nos concitoyens. Il s’agit des dérives racistes et masculinistes constatées au sein de notre IUT, de la part de certains étudiants de cet établissement, et relatées par l’organe de presse Mediapart. J’en ai été atterré et je sais que beaucoup d’entre vous partagent ce sentiment. Ces comportements ne sont pas acceptables et n’ont pas leur place à Auch, qui est une ville de tolérance et de partage. J’adresse mon soutien le plus entier aux jeunes gens victimes de ces agissements, ainsi qu’aux enseignants et aux personnels de l’établissement qui ont pris toute la mesure de la gravité de ces faits. J’ai d’ores et déjà pris contact avec la direction de l’IUT afin que toute la lumière soit faite sur ces faits, sollicité la mise en œuvre d’une cellule d’écoute pour les victimes, et proposé le concours de la ville pour organiser des opérations de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles, ainsi qu’à la déconstruction des stéréotypes racistes et de genre. Je suis pleinement rassuré par les dispositions d’ores et déjà mises en œuvre par la direction de l’IUT, avec l’appui de l’université de Toulouse, qui a conscience de sa responsabilité en matière de formation et de sensibilisation des jeunes générations. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce sujet. »
C’est une nouvelle étape dans le projet, très attendu, de réhabilitation de la caserne Espagne. Alors que les projets du futur siège de la CCI du Gers et du pôle du Greta Formation sont proches d’être achevés, un nouveau chantier pourrait démarrer dans les prochaines semaines.
La municipalité a voté la vente d’un hangar, le bâtiment numéro 16, au profit d’une société civile immobilière, qui porte un projet de création d’un pôle de loisirs multi-activités destiné à un large public. Les parties se sont accordées sur un prix de vente de 200 000 € net vendeur pour cette parcelle de 1 400 m².
« Ce bâtiment, qui consiste en un ancien hangar métallique, est destiné à accueillir, si vous le validez, des activités à vocation ludique et de loisirs. Ce projet, porté par des investisseurs du territoire, constitue une avancée majeure dans la réhabilitation du quartier Espagne, qui nous mobilisera encore durant ce mandat. Il s’agit d’un beau projet, qui intéressera la jeunesse auscitaine et les familles, et consolidera la vocation de ce site, tourné vers l’avenir de notre territoire », a indiqué le maire d’Auch.
L’un des sujets de crispation de cette première séance du conseil municipal a concerné la désignation des représentants de la commune dans les commissions, associations et organismes. Les élus de l’opposition, issus de la liste du « Printemps auscitain » comme de la liste divers droite « Tous pour Auch », ont déploré l’absence de nomination d’élus d’opposition, pointant du doigt « un manque d’ouverture ». Une décision "assumée" par le nouveau maire d'Auch, Camille Bonne.
Autre dossier au cœur des délibérations : l’adoption d’une convention de partenariat avec la communauté professionnelle territoriale de santé du bassin d’Auch. « Il s’agit d’un outil essentiel pour favoriser la coordination des professionnels de santé et les parcours de soins des patients du territoire. Il s’agit aussi de renforcer l’attractivité du bassin d’Auch pour les professionnels de santé, afin de lutter contre la désertification médicale, qui inquiète bon nombre de nos concitoyens. Nous prenons ce sujet à bras-le-corps, conformément à nos engagements pris devant les Auscitaines et les Auscitains », a commenté le maire.
Le conseil municipal devait également délibérer sur les taux d’imposition des taxes communales. La majorité a proposé, pour 2026, de maintenir inchangés les taux des taxes foncières ainsi que celui de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Une décision adoptée à la majorité.
Alors qu’à peine élus ou réélus, certains maires font voter par leur conseil municipal une hausse de leurs indemnités, provoquant de vives polémiques, ce dossier épineux n’a pas suscité de débat hier soir dans la préfecture gersoise. En effet, le nouveau maire d’Auch a choisi de conserver les mêmes indemnités que son prédécesseur, Christian Laprébende.
L’enveloppe globale est calculée en fonction de la démographie de la commune (23 000 habitants), majorée en raison de son statut de chef-lieu du département. Cela donne, après répartition : 4 821 euros pour le maire, 1 437 euros pour les neuf adjoints et 1 006 euros pour les conseillers municipaux délégués. Tous les montants sont exprimés en brut.
Adjoints au maire :
Conseillers municipaux délégués :
E.R