Au vu du classement de la phase régulière, difficile d'imaginer que l'ES Gimont, leader quasi-incontesté de la poule B de Nationale 2 féminine, se faisait les dents en quatrième division. Malgré le statut de promu, les dents n'en rayent pas moins le parquet. Après dix-huit succès en vingt-deux rencontres, l'Etoile a rendez vous en play-offs, pour rêver encore plus haut, dès ce samedi 20h, à Trégueux.
« C'est assez paradoxal. En étant promu on pouvait s'attendre à avoir une saison plus compliquée que l'année dernière, avec des équipes dans la poule qui semblaient mieux armées. Quatre défaites, on ne s'attendait pas à si peu ... » résume le manager général Benjamin Bonneau. C'est peu dire que les Gimontoises ont fait le travail, presque en briscardes, « les filles ont su monter leur niveau de jeu et s'adapter à une division que la plupart connaissaient plutôt bien quand même ».
La formule, particulière, du championnat, amène les gasconnes à se projeter sur les phases finales un peu plus tôt que la plupart des leurs homologues (il reste encore trois journées de Nationale 2 masculine par exemple), mais avec un temps d'avance sur leurs adversaires. Les deux premières équipes de chacune des quatre poules géographiques ont obtenu leur ticket pour cette deuxième phase … en gardant à leur actif les points glanés face à l'autre équipe de leur poule (la B), qu'elles n'affronteront pas au mois de mai. En l'espèce, l'ESG, qui a battu Nantes (deuxième de sa poule) à l'aller comme au retour, démarre ce mini-sprint avec un bilan de deux victoires pour aucune défaite, comme Mondeville, double-vainqueur de Trégueux dans la poule C. Au programme quatre matchs, deux à la maison, deux en déplacement, face aux clubs susmentionnés, du 29 avril au 20 mai.
Une position appréciable alors que les deux premiers de cette mini-poule se qualifieront pour un Final Four sur terrain neutre, et gagneront surtout une promotion en Nationale 1. « Dès samedi à Trégueux ça va être important pour jouer la montée ».
« L'idée ce n'est pas qu'une potentielle montée mette le désordre là-dedans ».
Enchainer les promotions peut s'avérer un exercice périlleux pour un club, même en bonne santé sportive, surtout dans une ère post-covid où les fonds arrivent à manquer. De fait après le début de saison en boulet de canon, la question de la N1 a trotté dans les têtes et nécessité une reflexion de tous les acteurs.
Il faut « qu'une majorité du groupe actuel ait envie de se projeter en N1, qui est une division avec un niveau d'exigeance plus haut, des déplacements plus longs etc », un sondage auquel a répondu favorablement l'effectif gimontois, composé d'une majorité de joueuses installées plus ou moins récemment dans la région toulousaine (la capitaine Camille Portal est au club depuis près de 9 ans maintenant).
Ensuite, envisager la promotion c'est évidemment s'assurer de la stabilité financière du club. « On est train de travailler au niveau des partenaires, et on peut même lancer un appel plus large auprès de tous ceux qui souhaitent soutenir l'avancée du basket à Gimont ». Au-delà des résultats de l'équipe fanion, forcément mis en avant en premier lieu, c'est tout un écosystème qui fonctionne (jeunes, équipe espoirs/réserve qui a assuré sa promotion en Pré-Nationale ), et que l'équipe dirigeante tient à maintenir en état de marche. « L'idée ce n'est pas qu'une potentielle montée mette le désordre là-dedans ».
Avec un effectif sénior encore largement basé sur le recrutement de joueuses formées dans d'autres structures, l'ESG cherche à développer le vivier local et « permettre à de jeunes gersoises de jouer au plus haut niveau possible. […] C'est un travail de longue haleine de formation et de structuration. Pour l'instant on va être sur le fait d'alimenter le cœur de notre équipe réserve, pour de la N1 on n'est pas encore en capacité de fournir de jeunes joueuses ».
« Mobilisation générale pour les supporters ! »
Si montée il devait y avoir le club ne s'interdirait donc pas la tentative, mais rien n'est encore acté, ni en dehors ni sur le terrain. Ce sont quatre matchs qui arrivent pour s'offrir l'alternative, et comme le veut le dicton « en mai fais ce qu'il te plait », l'ES Gimont a, à n'en pas douter, l'envie de continuer l'aventure en cette saison 2022-2023, avant de penser à la suite.
« Mobilisation générale pour les supporters les 6 et 20 mai » annonce Benjamin Bonneau, avec une « affiche de gala contre Mondeville », qui avait battu les Gimontoises en phases finales de N3 la saison passée, et un duel possiblement décisif contre Trégueux, que l'Etoile retrouvera dès ce week-end sur ses terres costarmoriciennes.
Le programme de l'E.S Gimont Basket :
Trégueux – Gimont : samedi 29 avril à 20h
Gimont – Mondeville : samedi 6 mai à 17h15
Mondeville – Gimont : samedi 13 mai à 17h15
Gimont – Trégueux : samedi 20 mai à 20h
Photo : Facebook ESGimont Basket
V.M