La mobilisation nationale des lycéens a pris de l’ampleur ce jeudi 1er octobre en Occitanie. Des rassemblements ont été organisés devant de nombreux établissements dans les Hautes-Pyrénées, le Gers, le Tarn-et-Garonne et la Haute-Garonne. Si les cours ont généralement pu être maintenus dans plusieurs départements, des feux de poubelles, tirs d’artifices et dégradations ont entraîné l’intervention des forces de l’ordre et des sapeurs-pompiers.
Près de 300 lycéens mobilisés à Tarbes
Dans les Hautes-Pyrénées, environ 300 élèves se sont rassemblés jeudi matin devant le lycée Jean-Dupuy à Tarbes, dans le cadre du mouvement national réclamant notamment davantage de moyens pour l’Éducation nationale. Pétards et fumigènes ont accompagné la mobilisation et une poubelle a été incendiée, nécessitant l’intervention des sapeurs-pompiers. Des policiers ont également été déployés. La direction de Jean-Dupuy a précisé qu'il s'agissait d'une manifestation et non d'un véritable blocage, les élèves qui le souhaitaient pouvant accéder à l'établissement et suivre les cours. Le rassemblement s'est achevé dans la matinée.La mobilisation a également concerné d'autres établissements des Hautes-Pyrénées, notamment à Lourdes, Bagnères-de-Bigorre, Lannemezan et Vic-en-Bigorre. À Bagnères-de-Bigorre, environ 200 élèves étaient absents des cours et une mobilisation s'est déroulée aux abords du lycée Victor-Duruy, sans empêcher le fonctionnement de l'établissement.
Gers : six mineurs interpellés
Dans le Gers, l'accès aux établissements a été maintenu, selon le bilan communiqué par la préfecture. Des rassemblements ont néanmoins été constatés devant plusieurs lycées. À Auch, environ 180 personnes se sont retrouvées autour du lycée Pardailhan. Deux conteneurs à déchets ont été incendiés et les policiers et sapeurs-pompiers sont intervenus. Le rassemblement s'est dispersé aux alentours de midi.D'autres mobilisations ont été constatées notamment à Nogaro, L'Isle-Jourdain, Condom, Samatan et Mirande. Plusieurs feux de conteneurs ont été rapidement maîtrisés.Au total, la préfecture fait état de six mineurs interpellés dans le Gers, en lien avec des départs de feu devant des établissements scolaires.
Tarn-et-Garonne : artifices et transport de carburant temporairement interdits
Dans le Tarn-et-Garonne, des rassemblements ont concerné des établissements de Montauban, Montech, Moissac, Beaumont-de-Lomagne, Valence-d'Agen et Castelsarrasin. Des feux de poubelles et des tirs d'artifices ont notamment été constatés et trois personnes ont été interpellées, selon le bilan communiqué par les autorités.À Castelsarrasin, environ 300 élèves se sont notamment réunis devant le lycée Jean-de-Prades. Face aux incidents enregistrés depuis le début du mouvement, le préfet de Tarn-et-Garonne, Sébastien Cauwel, a pris un arrêté applicable du jeudi 1er octobre à 18 heures au mardi 6 octobre 2026 inclus. Il interdit sur l'ensemble du département l'achat, la vente, la cession, le port, le transport et l'utilisation d'artifices de divertissement et d'articles pyrotechniques. L'achat, la vente au détail, le port et le transport de carburants, produits combustibles ou corrosifs sont également interdits, sauf motif légitime. Des contrôles sont annoncés aux abords des lycées.
Haute-Garonne : des cours suspendus vendredi
La situation entraîne également des mesures pour la journée du vendredi 2 octobre en Haute-Garonne. Plusieurs établissements suspendront leurs cours en présentiel avec mise en place d'une continuité pédagogique. Les parents concernés ont été informés et la liste reste susceptible d'évoluer.À Toulouse, sont notamment concernés les lycées Bellevue, des Arènes, Hélène-Boucher, Berthelot, Raymond-Naves, Gallieni, Occitanie, Stéphane-Hessel, Toulouse-Lautrec, Roland-Garros, ainsi que plusieurs établissements privés. Des établissements de Colomiers et Muret sont également concernés. Cette décision intervient après une journée marquée par des incidents et dégradations dans plusieurs établissements de l'agglomération toulousaine.
Un mouvement qui se poursuit
Ces mobilisations locales s'inscrivent dans un mouvement national porté par des lycéens qui réclament notamment davantage de moyens et de meilleures conditions d'enseignement. Les situations sont toutefois très différentes selon les établissements : certains rassemblements se sont déroulés sans incident, tandis que d'autres ont nécessité l'intervention des forces de sécurité et des secours. Les autorités appellent à éviter les violences et les dégradations aux abords des établissements, alors que de nouvelles mesures de sécurisation sont mises en place dans plusieurs départements.
Rédaction