Prime Covid : les éducateurs spécialisés avancent masqués

18 août 2020 - 05:10
Ils se sentent discriminés. A tel point que sous l'égide de la CGT santé du Gers, une conférence de presse s'est tenue hier dans les locaux du syndicat pour évoquer le mal-être des éducateurs spécialisés, oubliés par l'Etat dans l'attribution de la fameuse prime "Covid-19". Une mesure qui ne fait que diviser les travailleurs selon Sonia et Gilles, tous les deux éducateurs spécialisés au centre Cantoloup-Lavallée de Saint-Clar, en Lomagne gersoise. Sur ce site, les établissements de la commune regroupent une maison d'enfant à caractère social, un EHPAD, et un foyer d'accueil médicalisé, aux compétences de la fonction publique hospitalière donc. Si certains perçoivent la prime avec une augmentation de salaire prévue par le Ségur de la santé, Sonia et Gilles font, pour l'heure, partie de ceux qui n'en verront pas la couleur. "Le personnel du secteur social est dans un état de forte colère et est prêt à se mobiliser puisqu'il est oublié par l'Etat, estime Sonia. Un décret est sorti et le secteur social doit toucher une prime, sauf que l'Etat renvoie la balle vers le conseil départemental pour financer cette prime et inversement". En clair, c'est status quos, alors que vendredi, le président du Gers, Philippe Martin, tiendra une réunion avec les directeurs des établissements sociaux du département. "On espère que le conseil départemental va trouver une solution pour financer cette prime à la même hauteur que le secteur médico-social, 1000 €. J'ai pu aborder lors du conseil d'administration ce sujet, on attend un soutien au conseil départemental".
 
Bientôt dans la rue?
Aujourd'hui dans le Gers, une dizaine d'établissements sociaux existe. Passèes les assemblées générales, si rien n'est fait, les éducateurs spécialisés descendront dans la rue. "Les personnes qui méritent cette prime son ceux qui ont travaillé pendant la crise, estime Gilles. Là ou ça pose problème c'est pour savoir qui va la financer, on devrait même pas prendre le temps de la quémander, on a eu des collègues qui sont tombés malades, il a fallu les remplacer avec des journées de 12 heures. Comment l'expliquer? La question elle est là. Comment justifier que le personnel travaillant dans un établissement s’occupant de jeunes en difficulté peut percevoir une prime, et que le personnel travaillant avec ce même personnel n'y a pas le droit. Il y a des aberrations du style où des personnels d'établissements aujourd'hui fermés ont pu recevoir cette prime. Je ne trouve plus d'explications. On est discriminé, tout simple. Le président Macron dit que personne ne sera oublié, mais en réalité il n'y en aura pas pour tout le monde. C'est un bon moyen de diviser les personnels au sein de l’établissement. Le social n'est pas la priorité de ce gouvernement".  
N.M

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