Violences conjugales : un bracelet anti-rapprochement dans le Gers en janvier 2021

25 novembre 2020 - 06:15
En cette journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, le procureur de la République, Jacques-Edouard Andrault dresse un bilan plutôt noir sur l'année 2020 en terme de violences conjugales dans le Gers. Si les chiffres sont au rouge sur l'année, il constate néanmoins que ce deuxième confinement est comparable aux chiffres de 2019, à la même période. Explications.
 
 
Quelle tendance à donner sur cette année 2020 ? Les indicateurs sont au rouge ?
Une tendance de fond qui est à la hausse en terme du nombre d'affaires traitées entre le 1er janvier et le 23 novembre 2020. Il y a eu plus d'affaires intrafamiliales qu'en 2019 à la mémé période. En revanche sur le mois de novembre 2020, en zone gendarmerie, il n'y a pas de hausse observée entre le 1er et le 23 novembre. C'est une focale assez resserrée mais la tendance de fond fait état d'une hausse en effet à laquelle on doit apporter des réponses appropriées.
 
Comment expliquer que le deuxième confinement n'est aussi dévastateur que le premier sur le sujet ?
Le confinement d'aujourd'hui n'est pas celui de mars. Aujourd’hui on peut aller travailler, sortir. Je ne suis pas sociologue mais on peut supposer que ça influe.
 
Quelques chiffres pour illustrer vos propos ?
On a eu entre 1er janvier et le 23 novembre 454 violences intrafamiliales en zone gendarmerie contre 367 en 2019. Sur le mois de novembre, 22 faits de violences intrafamiliales ont été répertoriées en zone gendarmerie, ce qui correspond à l'année précédente.
 
Certains témoignages font état, en plus de la libération de parole des femmes, de celles des hommes. C'est un phénomène nouveau ?
Il existe des procédures où des franchissent le pas pour déposer plainte. Mais c'est une statistique bien moins en comparaison avec celles des femmes, largement majoritaires. Il arrive aussi que des hommes signalent des faits alors qu'ils sont mis en cause par leur conjointe.
 
Votre prédécesseur, Charlotte Béluet, avait fait des violences conjugales sont cheval de bataille avec une réponse pénale sévère. Vous allez suivre la même politique ?
Parfaitement, une réponse sévère et rapide. Il faut une protection directe de la victime et mettre tout en œuvre pour éviter un renouvellement des faits. C'est une politique publique portée par le ministère de la Justice que je décline localement.
 
Certains féministes dénoncent un manque de place d'hébergements pour les victimes. Quand est-il dans le Gers ?
Ce n'est pas mon domaine, je ne suis pas à la préfecture mais force est de constater qu'il y a problème d’hébergement. Tant pour les victimes que pour les auteurs.
 
Le ministère de la Justice a annoncé de nouveaux dispositifs ?
Avec notamment l'arrivée d'un bracelet anti-rapprochement dans le Gers dans le courant du moins de janvier 2021. C'est un bracelet appliqué sur l'auteur sous décision du juge mais aussi à la victime. S'il s'approche, il y a un signal auprès du téléopérateur qui appelle l'auteur et lui donne des injonctions. S'il continue, il y a une intervention immédiate et l'auteur peut se trouver à nouveau en infraction. Le téléopérateur peut aussi appeler la victime pour lui demander de se réfugier.
 
D'autres projets ?
Il y a aussi cette offre de soin thérapeutique pour l'auteur des faits. Pour que derrière la sanction, l'auteur des faits ne passe pas au stade de la récidive. Le but reste de sauver des vies et de protéger les victimes.
 
 
 
Précision : Du mercredi 25 novembre, journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, jusqu’au 10 décembre, journée internationale des droits humains, la façade de l’hôtel de ville d'Auch sera éclairée en orange.
N.M

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