Effets psychiques de la crise dans le Gers : "On est à flux tendu" selon un professionnel du secteur

15 février 2021 - 06:15
Crise sanitaire, économique, sociale, mais aussi psychique. Cette dernière est peut-être la grande oubliée des effets de la Covid-19 dans nos sociétés. Depuis un an, les admissions en hôpital psychiatrique progressent, les addictions se sont développées et l'isolement s'est vu renforcer. Le Gers ne déroge pas à la règle selon Jean-Luc Sylvestre, un professionnel de santé gersois exerçant dans le secteur du médico-psychologique. La situation reste préoccupante.
 
La psychiatrie est-elle la grande “oubliée” de cette crise ?
Elle est souvent oubliée de notre société. Et en ces temps de crise, on reste de côté en effet.
 
Cette seconde vague de l’épidémie est perceptible dans les services psychiatriques ?
La situation sanitaire génère de l'anxiété, du stress et une augmentation de la consommation d'alcool ou autres substances. On a vu certaines personnes "replonger" après des années d'abstinence lors du premier confinement. Ces mesures sanitaires en place accentuent les difficultés financières et l'isolement chez certains. Les perspectives d'avenir sont assombries et on reste, côté soignants, avec une activité à flux tendu.
  
Les moyens octroyés à la psychiatrie sont suffisants en cette période de crise ?
On fait de toute façon en fonction de nos moyens et on est habitués à faire avec. On relève aujourd’hui les difficultés que l'on dénonce depuis bien longtemps. L’idée du "toujours plus avec toujours moins" faisait son œuvre hier, et on en mesure aujourd’hui les conséquences.
  
Les idées suicidaires reviennent assez souvent dans les chiffres communiqués par les professionnels du secteur. Idem dans le Gers ?
Ces circonstances anxiogènes amènent les gens à traverser des troubles anxiodépressifs amenant à des idées suicidaires. Quand c'est le cas, on fournit un traitement médical, ou la personne est hospitalisée. On y est habitués.
 
Quelles sont les personnes les plus touchées sur le plan psychiatrique ?
On pensait que la population fragile serait plus touchée mais en fait ce n'est pas forcément le cas. Il y a une hausse dans la population en général, peu importe d'où l'on vient. Mais en terme d'isolement et de difficultés financières, ce sont eux qui souffrent le plus.
  
Le gouvernement essaie d'éviter un nouveau confinement. C'est nécessaire ?
De toute façon la situation que l'on traverse aujourd'hui ressemble déjà à un confinement. Si on réfléchit à la situation globale, donc l'économie, le psychique, la santé, c'est difficile de se prononcer aujourd'hui sur ce qui serait le mieux.
 
Comment répondre aux besoins des Français ?
J'encourage chacun à garder espoir, à veiller les uns sur les autres. Il faut maintenir les chaines de solidarité.
N.M

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