GNR : Thierry Guilbert appelle à la mobilisation des Gersois et du monde paysan

29 octobre 2021 - 12:46
Ils se disent asphyxiés par les taxes, rarement concertés et déplorent, impuissants, la chute spectaculaire du nombre d'exploitants au sein de l'Hexagone. La dernière mesure en date qui fait râler le monde rural, et même bondir le le président de la coordination rurale du Gers Thierry Guilbert, c'est la flambée des prix du gazole non routier (GNR). Le syndicat décrit une situation « très préoccupante » et invite les agriculteurs à demander la détaxation du GNR.
 
Cette flambée des prix du GNR, c'est la goutte d'eau ?
Lorsque l'on achète du GNR, nous avons un prix différencié selon la quantité que l'’on prend. Mais aujourd’hui 1,007€ pour 4 000 litres, ça fait très cher pour les trésoreries des agriculteurs. On est déjà impacté par beaucoup de mesures. Et plus récemment le prix des engrais azotés  qui atteint des prix astronomiques. On demande une prise de conscience du gouvernement et un gazole comme complètement détaxé, comme c'est le cas pour les marins-pêcheurs. Le gouvernement préfère quoi? Conserver ses agriculteurs ou importer de la nourriture venant d'ailleurs mais qui ne sera pas aux normes?
Le mécontentement du monde paysan, on a l'impression que le phénomène dure depuis des années.
Parce qu'il n'y a pas de progression. Mais je pense qu'au niveau Européen, ils ont choisi un chemin environnemental contraignant. Et ça bouche les vocations. Il n'y a qu'à regarder l'affaire du lac de Caussade pour comprendre (NDLR : le président de la chambre d'agriculture Serge Bousquet-Cassagne et son vice-président Patrick Franken devaient répondre ce jeudi d'une série d'infractions, dont la complicité de destruction de biens ou encore de construction illégale du lac de Caussade. Les deux hommes ont été condamnés à neuf et huit mois de prison ferme).
 
Il y a eu une forte mobilisation de soutien des agriculteurs.
Ils étaient 500, venus pour certains du nord de la France. Ce qu'on dénonce aujourd'hui, c'est cette politique environnementale punitive. On ne pas faire de lac sans avoir les écolos sur le dos. Alors que l'écologie, nous ne sommes pas contre. La nature vous savez, on vit avec tous les jours. Nous sommes les premiers écolos de France.
Vous incitez aujourd'hui les agriculteurs à demander par courrier la détaxation du GNR. C'est la fin des tracteurs dans la rue? La méthode change?
Pour l'instant oui. Il faut mobiliser les agriculteurs et bien souvent, ça débouche sur rien et on embête les Français plus qu'autre chose. Il faut trouver d'autres moyens, comme rencontrer les politiques ou leur écrire. Les grandes manifestations comme à l'époque, c'est révolu car il y a de moins en moins de personnes à mobiliser. Mais il ne va pas trop falloir tirer sur la corde car ça risque de bouger. On ne veut pas de promesse électorale mais un quelque chose qui tienne dans le temps. Là, le tarif devient prohibitif.
Les présidentielles approchent. Vous ne croyez plus les paroles des politiques en période de pré-élection ?
C'est du blabla. Tenez, un candidat : Xavier Bertrand. Ces quatre dernières années, ça lui passait au-dessus de la tête. Le monde politique, aujourd'hui, je ne crois plus en personne. On est en période pré-électorale.  Les promesses pour les artisans, les professions libérales, les agriculteurs... on connaît. Mais une fois qu'ils seront élus, ils oublieront tout le monde. Certains croient encore au père Noël, mais arrêtons de rêver. On est passé en 40 ans de 700 000 à 250 000 agriculteurs et encore aujourd'hui, l'Europe choisit un chemin qui n'est pas celui de l'agriculture comparé à des pays comme la Russie, la Chine et les États-Unis. Ils sont aidés et leur agriculture est performante.
N.M
 
 

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