Octobre rose : « une mobilisation totale des gersois » salue la Ligue contre le Cancer

02 novembre 2021 - 10:12

La forte mobilisation des Gersois pour octobre Rose. Depuis le début du mois, de nombreuses animations ont été organisées aux quatre coins du territoire pour récolter des fonds pour fondation de la ligue contre le Cancer. Et avant tout informer et sensibiliser sur l'importance du dépistage contre le cancer du sein, cancer le plus meurtrier chez la femme, avec près de 12 000 décès constatés chaque année en France. Le Gers n'est pas épargné selon Nadia Benoit, la présidente gersoise de la ligue. Entretien.

Quelle est l'importance d'Octobre rose ?
"Octobre rose c'est avant tout une campagne de sensibilisation à l'importance et à la nécessité de se faire dépister contre le cancer du sein. Aujourd'hui le cancer du sein, reste le cancer le plus meurtrier chez la femme. 58 000 personnes développent encore un cancer du sein et 12 000 personnes en décédent. Pouvoir se faire dépister, c'est une chance, parce qu'un dépistage précoce vous donne toutes les chances de guérir et surtout d'éviter toutes les complications et les traitements lourds que l’on connaît. Au-delà des manifestations, des courses, et des spectacles culturels, de l'aspect un peu festif, il ne faut pas oublier le fond, qui est vraiment de se faire dépister. »

Justement, comment évolue ce dépistage ?

"La ligue contre le cancer lance un appel à la remobilisation. Il y a encore trois ans (2018), dans le Gers, nous étions à 55% de personnes concernées qui se faisaient dépister. En 2020, Nous sommes tombés à 45%. Il y a donc 10 points de moins en termes de taux de dépistage réalisés dans le Gers. Et, les conséquences, je suis obligé de le dire, vont être catastrophiques. J'insiste donc sur ce message, faites-vous dépister. »

Quel est l'offre de dépistage proposée dans le Gers ?

"Tous les cabinets de radiologie sont mobilisés. Alors j'entends déjà les remarques et je les comprends. Il y a encore quelques jours, on me disait, vous êtes bien gentille, sauf que pour trouver un cabinet de radiologie qui puisse vous dépister dans des délais corrects, ça devient vraiment le parcours du combattant. C'est vrai, nous manquons d'équipement, mais nous menons une lutte contre cela. Je peux notamment annoncer qu'en 2022, nous bénéficierons au centre hospitalier d'Auch d'un mammographe et d'un échographe destiné à dépister les cancers, et également au suivi des pathologies liées au cancer du sein. Dès janvier 2022, cet équipement de haute qualité et haute performance pourra profiter aux Gersoises, mais également aux Gersois. Car, il ne faut pas oublier que 1% des hommes développent des cancers du sein. »

De très nombreux événements ont été organisés sur le Gers cette année pour octobre Rose, est-ce que vous vous attendiez à un tel engouement ?
« Nous sommes au comité vraiment heureusement étonné de voir l’engagement de toutes les associations gersoises, des municipalités, des entreprises, des particuliers, pour l’opération Octobre rose cette année. La contribution des Gersois a été totale cette année et je remercie vraiment tout le monde pour cet engagement et pour les fonds qui vont nous être donnés. Je tiens à préciser qu’à l’euro près, tout sera versé à la recherche pour le cancer, parce qu’il faut absolument arriver à aller plus loin dans la recherche. Et ce de manière générale, car il n’y a pas que le cancer du sein, le cancer est multiforme. Il y a de nombreux autres cancers qui touchent la population. »
Justement où en est-on au niveau de la recherche ?

« Nous avons déjà beaucoup progressé dans la recherche. Je pense que dans les années à venir nous allons aller beaucoup plus vite. On a notamment beaucoup parlé ces derniers temps d’ARN Messager. Ce vaccin a fait parler ces derniers temps, mas en termes de recherche en ce qui concerne le cancer, l’ARN Messager est quelque chose qui va nous permettre de faire des progrès énormes. Je suis tout à fait optimiste sur le fait que l’on va atteindre des taux de guérison beaucoup plus important que ceux qu’on connaît aujourd’hui. »
Une accélération de la recherche d’autant plus importante que le nombre de patients touchés par la maladie est en nette hausse…
« Les derniers chiffres qui nous arrivent en termes de décès supplémentaires pour cancer depuis l’arrivée de cette crise sanitaire sont catastrophiques. On parle aujourd’hui de près de 40 000 morts de plus. »
Comment l’expliquer ?
« On l’explique notamment à cause des reports d’opérations qu’il y a eu ces derniers mois avec la crise. Il y a eu des reports dans l’envoi même des invitations à se faire dépister. Il y a eu aussi beaucoup de peur de la part des personnes à se rendre chez son médecin et à se faire suivre dans les établissements hospitaliers, en raison du COVID-19. Mais, tous ses retards vont entraîner une hausse très importante du nombre de décès par cancer dans les années qui viennent. Et nous nous préparons au comité à devoir accompagner un nombre de personnes de plus ne plus important. »
Ce mois est également l’occasion de faire connaître le fonctionnement de la ligue contre le Cancer, quelles sont vos missions ?
«Les personnes atteintes de maladies cancéreuses, leurs proches, peuvent venir nous rencontrer, du lundi au vendredi, prendre rendez-vous, pour qu’on puisse les accompagner. Nous les accompagnons gracieusement en leur faisant bénéficier de soins de support. Cela peut-être du soin psychologique, du conseil en diététique, de la socio-esthétique, de la gymnastique adaptée. On met également en place des groupes de paroles, parce que l’important c’est que le malade sorte de son isolement et puisse venir échanger. Et, faire en sorte que son angoisse puisse être partagée avec des personnes qui vivent la même chose. Vraiment, il ne faut pas hésiter à pousser la porte de nos locaux, chemin du moulin de la Ribère à Auch. Nous avons également des permanences à Marciac, à Vic-Fezensac et à Condom. »
Combien de personnes sont accompagnées par la ligue contre le cancer du Gers ?
« L’an passé, nous avons accompagné 400 familles. Je tiens à insister sur le terme famille. Car il y a le malade, mais il y a également les dégâts collatéraux sur l’entourage. Et, ils sont énormes en termes d’angoisse. L’entourage se demande souvent quelle parole ils peuvent apporter au malade pour le réconforter et le soulager. Donc, notre travail ce n’est pas seulement d’accompagner le malade, mais également toute la famille. »
E.R

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