Hautes-Pyrénées : Un partenariat pour pérenniser l'emploi des saisonniers

05 novembre 2021 - 13:37

Avec la fermeture des stations de ski l'année dernière, dans le cadre de la crise sanitaire, le secteur a perdu en attractivité. A un mois de leur réouverture, les stations de ski peinent toujours à recruter des saisonniers. Environ 300 postes sont encore à pourvoir dans les stations pyrénéennes. Les agences de voyage MMV et VVF ont, à ce titre, conclu un partenariat pour mettre en commun leurs offres. En plus d'une visibilité accrue, le partenariat vise à fournir aux saisonniers des missions tout au long de l'année, en commençant par cet hiver. Entretien avec Frédéric Ezaoui, DRH de l'agence VVF.

Quels sont les postes à pourvoir dans vos structures pyrénéennes ?

On a trois sites phares dans les Pyrénées : Saint-Lary-Soulan, Piau-Engaly et une résidence aux angles, dans les Pyrénées Orientales. Sur la période hivernale, on a énormément de besoins. On a à peu près 300 postes à pourvoir dans les Pyrénées, et toutes les activités sont concernées : la restauration, évidement, et au ménage aussi bien qu'à la réception, l'animation, la maintenance et quelques postes aussi en direction de site. Comme pour la plupart des acteurs, la filière restauration est en extrême tension, on a du réévaluer le niveau de rémunération de ce public là.

C'est la saison blanche vécue l'année dernière qui rend le recrutement si difficile pour cet hiver ?

On voit bien que la crise qu'on a connu a mis en exergue cette précarité de l'univers saisonnier, des conditions de travail qui peuvent être compliquées. On travaille le week-end par exemple. Avec le confinement, les saisonniers ont passé beaucoup de temps en famille, ça a également été une période d'introspection. Ils se sont demandés s'ils n'avaient pas intérêt à aller dans un secteur qui avait un peu moins de sens, mais plus stable. Je ne jette pas la pierre au gouvernement, qui a plutôt agi avec les moyens dont il disposait, mais on avait une communication à la quinzaine. Donc on a été obligés d'attendre pour engager nos collaborateurs, en plus on leur répétait que le tourisme n'était pas une activité essentielle en France. Toutes ces données accumulées font qu'on a perdu du monde et qu'il faut maintenant redonner envie.

Par quels moyens redonner cette envie ?

Il faut qu'on arrive à transformer cette vision de précarité des saisonniers. On a l'ambition de structurer les étapes professionnelles et de donner un emploi à la clé, que ce soit par l'alternance ou bien par un poste dans un premier temps en saison qu'on inscrit ensuite dans la durée. Il faut redonner envie, surtout aux jeunes, en fournissant des perspectives d'emploi à long terme. On est un des seuls secteurs qui permet ce qu'on appelle l'ascenseur social : pouvoir démarrer en bas de l'échelle puis franchir les paliers. Avec ce nouveau partenariat, on fonctionne comme un grand groupe et on a aussi de plus en plus de sites et de villages qui sont ouverts toute l'année. Donc on va permettre à des saisonniers qui auront travaillé cet hiver d'aller goûter à une expérience estivale l'année prochaine, pour stabiliser un emploi. C'est tout l'enjeu de la complémentarité des nos deux structures.

N.B.

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