Grippe aviaire : un collectif vient de naitre dans le Gers, un premier rassemblement ce soir

30 novembre 2021 - 16:31
Échaudés par les dernières mesures gouvernementales liées au risque d'un retour de la grippe aviaire dans le département du Gers, un collectif regroupant des éleveurs et des consommateurs vient de se créer dans le Gers : « Sauve qui poule ». Le premier rassemblement se tiendra ce soir, sur la place la Libération, à Auch. S'il promet d'être « festif » selon Anne-Catherine, l'une des représentantes du collectif, il s’évertuera surtout de pointer du doigt des mesures jugées « incompatibles avec la réalité du terrain ». Explications.
 
C'est ce passage du risque « modéré » à « élevé » qui est à l'origine de ce mouvement ?
Ce sont toutes les mesures qui en découlent et le malaise paysan. On se rend compte que les éleveurs, qui font de l'élevage plein air, sont stigmatisés par ces nouvelles mesures, avec des pratiques qui sont impossibles à adapter sur le terrain. On ne peut pas enfermer nos animaux si on fait le choix de les élever en plein air et/ou en bio. D'un point de vue technique et éthique, ce n'est pas possible.
 
Le Gers a été frappé par de lourdes crises aviaires ces dernières années. A t-on retenu les erreurs du passé ?
Je n'en ai pas l'impression. On avait des dérogations possibles pour certains éleveurs après passage du vétérinaire, qui venait vérifier si les normes de biosécurité étaient bien respectées. Cette année, les dérogations ne sont plus autorisées. On a plus le choix, c'est aussi ce qu'on veut dénoncer.
 
Il y a une solidarité qui s'organise autour de votre collectif ?
On a fait une première réunion et on a constaté qu'il y avait une moitié de groupe de consommateurs et une autre moitié d'éleveurs. On a vu le malaise qu'il y a du côté des éleveurs, de travailler dans des conditions comme ça, de ne pas savoir de quoi l'avenir est fait. Notamment pour les jeunes éleveurs qui s'installent.
 
Comment va se dérouler le rassemblement de ce soir ?
On aimerait se rassembler, avoir un moment convivial. Les choses ne sont pas très joyeuses en ce moment, on veut un moment revendicatif mais aussi festif. Il faut défendre le bien-manger, la convivialité autour des produits de qualité à acheter. On traverse une époque difficile et il nous faut du positif. C'est ce qu'on essaiera de faire ce soir.
 
La défense de la ruralité est un terme qui revient souvent. Quelle personnalité pourrait, comme le faisait notamment André Daguin, porter la parole du monde paysan ?
On doit trouver des partenaires et des alliés chez les restaurateurs aussi très impactés par ces nouvelles mesures. Nous, on a aussi un rôle a jouer sur la communication vers l'extérieur pour montrer ce qu'est vraiment notre ruralité. Les mesures qui nous sont imposées viennent de bureaux à Paris et sont inapplicables ici.
N.M
 
 

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