Décrocheurs de portrait : 7 d'entre eux sont jugés en ce moment à Agen

02 décembre 2021 - 13:30
7 décrocheurs de portrait sont amenés à comparaître ensemble cet après-midi à la Cour d'appel d'Agen. 5 d'entre eux, Gersois, seront jugés pour avoir décroché les portraits d'Emmanuel Macron dans les mairies de Barran, Castelnau-Barbarens et Saint-Jean-le-Comtal, en 2019. S'il ne fait pas partie des prévenus convoqués cet après-midi, Gautier Jacquemin, porte-parole de l'ANV Cop 21 Auch, espère une relaxe dans ce dossier. « L'inaction gouvernementale face à l'urgence climatique » justifie selon lui les actions de décrochage.
 
 
Les 5 Gersois avaient été relaxés en première instance mais le parquet a décidé de faire appel assez rapidement de cette décision. Vous comprenez ce choix ?
L'appel a été annoncé à Auch dans la semaine qui a suivi donc ce n'est pas une surprise, on est au courant depuis un an. De manière générale, c'est le niveau de répression qui est appliqué par l’État sur cette campagne de décrochage de portraits, faite de façon non-violente mais plus symbolique. On sent que ça dérange beaucoup de toucher à l'image présidentielle. Il y a une montée en puissance de l'incivisme écologique et c'est regardé avec crainte par nos gouvernants.
 
Vous n'avez toujours pas rendu ces portraits ?
Non. Les dérochages ne sont pas des vols, on les rendra quand la France tiendra ses engagements pour le climat. Ces portraits, il s'agit d'en disposer temporairement. Tant qu'il n'y aura pas de vraie politique climatique, on ne les rendra pas. Les personnes qui ont fait de la désobéissance civile connaissaient le risque, l'idée n'est pas de négocier mais de montrer notre volonté de dénoncer l’inaction politique.
 
D'autres collectifs, dans d'autres commues de France, ont obtenu la relaxe.
A Auch, les décrocheurs ont été les premiers a avoir été relaxés au nom de la liberté d'expression. Le juge estimait qu'il y avait une proportion entre l'acte commis et l’exercice du droit à la liberté d’expression. Ça a ouvert la porte à d'autres relaxes dans d'autres villes de France, les lignes ont pu bouger sur le plan judiciaire, on espère que ça va continuer. Notamment la relaxe aujourd'hui à Agen.
 
D'autres actions sont prévues ?
Je ne fais pas partie de ceux qui décident au niveau national mais les actions au nom de désobéissance civile pour le climat se multiplient en France et dans le monde, c'est un mode d'action pertinent. C'est un moyen de provoquer une réaction de la part des gouvernants, elle permet de la porter sur la scène médiatique et qu'un débat publique s'instaure. En tous cas, ils n'ont aucun regret, ils le referaient sans hésiter.
 
Qu'attendez-vous du gouvernement, à quelques mois maintenant des élections ?
C'est une question dure dans la mesure où les élections approchent, je ne sais pas si on attend encore des choses de ce gouvernement qui a fait de la Convention pour le climat une mascarade, l'Etat a été condamné par le tribunal pour son inaction climatique. Il faut qu'on mette la pression. Plus la société civile sera mobilisée avec des actions du genre, plus on forcera les gouvernants, s'ils sont réélus, à faire quelque chose pour le climat. On voit une montée en puissance des thèmes liés au climat dans l'opinion publique et les médias. En politique, ça s’est traduit par gagner quelques villes aux municipales. Il y a un décalage entre prise de conscience des citoyens et le gouvernement.
N.M

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