« Dans les Landes ça tire mais ici on baisse le fusil » : les chasseurs du Gers s'agacent des restrictions liées à la grippe aviaire

14 janvier 2022 - 17:46
En Armagnac, des voix s'élèvent ces derniers jours. Celle de Serge Castéran, le président de la fédération des chasseurs du Gers, notamment. Les protocoles sanitaires instaurés par la préfecture du département depuis décembre 2021, liés au retour de l'épizootie de grippe aviaire dans le Gers, proscrit la chasse au gibier à plumes autour des foyers contaminés. « Ils ont créé des zones de protection, puis de surveillance. Maintenant, ça pousse les interdictions de chasse au gibier à plumes jusqu'à 10km du foyer », martèle Serge Castéran.
Ce vendredi 14 janvier, la préfecture du Gers a confirmé la présence de 13 foyers du virus H5N1 dans le département, 5 autres sont à encore l'étude. S'il peine à contenir sa colère, c'est aussi parce que le nombre d'adhérents à la fédération risque de chuter brutalement la saison prochaine. « C'est la troisième année consécutive que les chasseurs sont privés de chasse parce que notre administration gersoise ne veut pas déroger à une directive qui date de décembre. Les chasseurs sont prêts à se révolter, surtout quand ils voient les Landais tirer, alors que les communes se touchent. Beaucoup nous demandent de rembourser les licences, on se fait même insulter ».
Cette limite administrative, prive pour l'instant 3 500 passionnés d'activité. Seule la chasse au grand gibier reste autorisée. « L'ouest du Gers, c'est la partie la plus peuplée en chasseurs, selon Jocelyn Moreau, le directeur de la fédération. Il faudrait une cohérence nationale car le chasseur gersois ne peut pas comprendre cette mesure, ce n'est plus du tout supportable ».
A Cazaubon, Joseph Florio, chasseur invétéré de palombe et de bécasse, craint, lui, aussi pour l'avenir de la fédération. « Les deux tiers des permis ici, c'est pour la chasse à plume. On est à 500 mètres des Landes ici. Eux ils tirent et nous, on baisse le fusil. Alors que les risques sont les mêmes ».
Dans le Gers, la chasse reste une activité plébiscitée. La fédération compte actuellement 9 500 adhérents sur la saison, avec une augmentation de 45% des candidats au permis de chasse entre 2020 et 2021.
 
La préfecture réagit
Selon les services de la préfecture du Gers, joints par nos services cet après-midi, elle dit vouloir respecter l'instruction nationale. « Quand il y a des foyers, on doit interdire la chasse au gibier à plumes, les chasseurs ne doivent pas circuler et ainsi éviter d'amener le virus partout. Chaque département fait en fonction de situation ».
 N.M

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article