Gers : morsures, coups de poing, insultes : un sexagénaire condamné à 20 mois de prison pour des violences répétées sur sa compagne

24 août 2022 - 12:49

Un homme de 64 ans a été condamné hier après-midi par le tribunal correctionnel d'Auch à 10 mois de prison ferme, pour des violences conjugales commises de juillet 2021 jusqu'en août 2022 à Jard sur Mer en Vendée. En vacances dans le Gers, après un énième excès de violence de son compagnon, elle a décidé de donner l'alerte sur les violences récurrentes subies depuis plusieurs mois. 

"Si j'ai décidé d'alerter les gendarmes et de témoigner aujourd'hui, c'est que je suis épuisé physiquement par ce que j'ai vécu. J'ai pris 10 ans en quelques mois. Je suis à bout, je peux plus tenir", à la barre, la victime craque à quelques mètres de son compagnon violent, épuisé par les scènes de violences physiques et verbales qu'elle subit depuis plusieurs mois. Une énième dispute, pour une fois sans violences, lors de leur séjour dans le Gers a été "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase". Pour une « erreur de GPS", l'homme originaire de Vendée se met à insulter copieusement sa conjointe. Elle décide de fuir ce nouvel excès de violence et de demander de l'aide apeuré dans les rues de Condom. Alertés, les gendarmes récupèrent la victime, qui se met alors à parler du calvaire qu'elle subit depuis plusieurs mois.
 
Sur son téléphone la victime stockait les photos des stigmates sur son corps des différents épisodes de violence
 
L'auteur des faits déjà condamné à 2 reprises, dont récemment, pour des faits de violences conjugales sur deux compagnes différentes, nie tout au long des auditions en bloc les faits et parle même "d'un complot" contre lui. Une défense mise à mal par plusieurs photos confiées par la victime aux enquêteurs prises lors des crises de violence de son conjoint, faisant état sur son corps de morsures ou encore d'ecchymoses. Une version confirmée également par l'audition de l'entourage du couple qui déclare que la victime s'est déjà confiée au sujet de la violence et de l'impulsivité de son conjoint, sans rentrer implicitement dans les détails.
Des violences qui auraient commencé 15 jours seulement après leur rencontre en mars 2021, en plein confinement, et qui se répétait régulièrement. "Je suis faible, je l'aime,  j'ai même toujours des sentiments, j'arrivais toujours à le pardonner et j'avais toujours espoir qu'il arrive à changer, c'est pour ça que je n'ai rien dit jusqu'alors", confesse la victime, qui s'est constitué partie civile, aux jurés.
 Il passe aux aveus devant le tribunal
 
Dès le début de l'audience, la présidente du tribunal interpelle le prévenu : "vous niez toujours les faits, vous maintenez que c'est un complot même avec les photos " ? Les quatre jours de détention ont visiblement fait réfléchir cet ancien commercial à la retraite qui décide de tout avouer. "Tout ce qu'a dit madame est vrai. Mon problème, c'est que je ne sais pas m'arrêter, je franchis toujours la ligne rouge. Je ne suis pas fier, c'est une honte. Il faut que je chasse ses démons et que je me fasse soigner". L'enquête de personnalité et le témoignage de sa compagne démontrent le comportement d'un homme bipolaire. "Il pouvait dans une journée me faire plein de compliments et dans un excès de colère suite à une remarque me frapper ou m'insulter".

Une interdiction d'entrer en contact avec la victime pendant plusieurs années
 
"Les excuses ne sont plus suffisantes monsieur, il y a une vraie urgence sur votre comportement", alerte la procureur, Julie Vigier, qui requiert une peine de 18 mois de prison, dont 8 mois ferme, une obligation de soins et une interdiction d'entrer en contact avec la victime. Finalement, le tribunal a décidé d'aller au-delà des réquisitions du parquet et de condamner le prévenu à 20 mois de prison, dont 10 mois ferme, avec une obligation de soins et une interdiction d'entrer en contact avec la victime durant sa détention et pendant trois ans supplémentaire. La réaction du prévenu, pourtant calme et rempli de remords tout au long de l'audience, à l'annonce du verdict et de son maintien en détention, dénonçant de manière véhémente une « peine bien trop sévère », laisse quelques doutes sur sa prise de conscience sur la gravité des faits commis.
E.R

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