Avenir de la clinique de Gascogne d'Auch : "la balle est dans le camps des acteurs locaux" pour Didier Jaffre, le directeur de l'ARS Occitanie

16 novembre 2022 - 18:12

L'avenir de la clinique de Gascogne d'Auch au cœur du déplacement de Didier Jaffre, le directeur de l'Agence Régionale de Santé d'Occitanie, ce mercredi 16 décembre dans le Gers. Placée en redressement judiciaire depuis cet été, la dernière clinique privée du département doit trouver un repreneur en urgence. Les jours sont comptés, en l'absence de repreneur au 9 décembre, jour d'audience devant le tribunal de commerce d'Auch, la liquidation judiciaire de la dernière clinique du département qui compte près de 115 salariés, dont une soixantaine de praticiens, pourrait être prononcée.

C'est dans ce contexte, que le directeur de l'ARS Occitanie, s'est rendu dans la clinique privée auscitaine, pour rencontrer et échanger avec les représentants du personnel de la clinique de Gascogne, dans le flou quant à leur avenir dans les prochaines semaines. S'il n'a pas nié l'urgence de la situation, il reste confiant pour qu'une « solution locale » soit trouvée pour préserver l'offre de soins.

« Oui, le moment est grave, je ne peux pas aujourd'hui garantir qu'une offre de reprise soit déposée d'ici le 9 décembre. Je ne désespère pas qu'on puisse trouver une solution qui convienne à tout le monde. Ce qu'il est important, c'est que les habitants d'Auch, et plus largement du Gers, puisse continuer à être pris en charge. L'autre priorité c'est que les médecins de la clinique ne partent pas, que les professionnels restent sur place. Aujourd'hui, l'objectif, c'est qu'entre le centre de rééducation fonctionnel de Montégut « Reviscolada », l'hôpital et la clinique, on arrive à trouver les voies d'un projet viable, pérenne, sur le long terme pour garantir cette offre de soins. L'Agence Régionale de Santé sera favorable à toute solution qui permettra de garantir l'offre de santé sur Auch. »

Une audience décisive le 9 décembre

Le directeur de l'ARS s'est toutefois montré beaucoup moins optimiste à l'idée de voir la Clinique de Gascogne poursuivre ses activités sur le site où elle se trouve actuellement. En cause : le loyer colossal, estimé entre 900 000 et 1 million d'euros à l'année, pour occuper les bâtiments. Un loyer qui a dissuadé "bon nombre de potentiels repreneurs" a avoué Didier Jaffre. A ce jour, une seule candidature a été déposée, une proposition qui aurait selon nos informations peu de chance d'aboutir, étant incomplète.

Beaucoup d'interrogations 

Reste désormais à savoir où seront transférés, dans l'hypothèse d'une liquidation judiciaire, les différents services de la Polyclinique de Gascogne, qui abrite plusieurs spécialités, dont l'ophtalmologie et l'urologie, dont ne dispose pas le centre hospitalier d'Auch. Sur le centre hospitalier d'Auch ? Et/ou sur le centre de rééducation fonctionnel de Montégut "la Reviscolada" qui projette d'étendre son offre de soins dans les prochains mois ? Quid des 115 salariés et des chirurgiens qui officient à la Clinique ? Resteront-ils tous dans le Gers ? Accepteront-ils de venir travailler dans le secteur public ? Les questions restent encore nombreuses, mais pour l'heure sans réponses, tant elles sont conditionnées à de nombreux facteurs. Une chose est sûre, cette fin de mois s'annonce décisive pour préserver l'offre de soins de la Polyclinique de Gascogne, une offre vitale dans le contexte de désertification médicale que connaît le département. Réunis par Didier Jaffre, les réprésentants des trois établissements de santé, ont émis pour la première fois l'idée de collaborer ensemble pour établir un plan de maintien de l'offre de soins face à la possible disparition de la clinique. Reste plus désormais qu'à concrétiser cette avancée majeure...

E.R

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