L'intersyndicale de santé du Gers a rendez-vous avec le ministre Braun

09 janvier 2023 - 13:25

François Braun devrait connaître une fin de journée animée dans le Gers. Après Lombez-Samatan et Montégut, le ministre de la santé prendra la direction d'Auch pour présenter le projet du nouvel hôpital et rencontrer une délégation de l'intersyndicale de santé du département (CGT, Sud/Solidaires, Modef, Confédération Paysanne). Un face-à-face prévu aux alentours de 19h au Centre Hospitalier, à la demande des syndicats qui souhaitaient interroger le ministre sur le terrain plutôt qu'en préfecture. L'occasion de lui réserver un accueil particulier puisqu'un appel au rassemblement a été émis par la CGT, dès 17h30 sur le parking du don du sang.

Les contours de l'entrevue sont tracés, le contenu reste à définir, même pour les syndicats qui n'en attendent, en définitive, que peu de choses. Pour l'intersyndicale, réunie en point-presse ce vendredi, la visite du ministre fait figure de poudre aux yeux : « La venue de Braun, ça ne nous fait ni chaud ni froid », pouvait-on entendre de la part d'Eric Cantarutti (CGT).

Pour les représentants santé des différentes organisations, pas question de faire de cet événement l'alpha et l'oméga de la lutte pour le secteur médico-social. Mais on souhaite obtenir des réponses claires du ministre sur « la marchandisation de la santé à l'oeuvre », cœur de la critique envers l'orientation prise par le gouvernement. « On lui demanderait bien pourquoi ne pas organiser un referendum sur le sujet, on verrait bien si les gens sont d'accords », lançait Stéphane Léger (Solidaires).

« Ca ne sert à rien d'avoir un hôpital neuf si on n'a aucun médecin à mettre dedans »

Au-delà des questions de politique générale qui concentrent les griefs des syndicats, la situation dans le Gers, sera aussi au menu de la rencontre de ce lundi.

La problématique du nouveau Centre Hospitalier devrait être évoquée, pour attirer l'attention sur le problème d'attractivité du département. « Ca ne sert à rien d'avoir un hôpital neuf si on n'a aucun médecin à mettre dedans », ironise Stéphane Léger, pour qui le récent Ségur de la santé n'a rien changé.

Une pénurie d'infrastructures et de personnels qui pèse aussi hors du cadre physique de l'hôpital. Angèle Léger (CGT) épingle la recrudescence symptômatique des naissances hors maternité, et s'inquiète de la « clochardisation des patients de l'hôpital psychiatrique », laissés à leur sort « à l'hôtel », et du sort des personnes en soins à domicile « qui n'auront bientôt plus de soins cohérents ».

Une préoccupation qui explique aussi la présence de deux syndicats agricoles au sein de l'intersyndicale (Modef et Confédération Paysanne). Pour un secteur en vieillissement et parfois à risque avec des membres souvent isolés, une faillite des services de santé, notamment dans l'aide à domicile, fait figure de peine de mort dans certains cas.

Les incursions du privé, à l'image de la gestion du SSIAD de Vic-Fezensac par l'ARS (qui a confié la gestion du service à la Clinique Pasteur de Toulouse) ont été vivement critiquées lors du point-presse. A défaut d'une rencontre fructueuse, l'intersyndicale souhaite réclamer un plan d'urgence pour le secteur, et au-delà « une vraie politique de santé publique ».

V.M

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