Gers : les acteurs du remplacement agricole se donnent rendez-vous à Roquelaure

25 mars 2024 - 15:32

Après cinquante d'ans d'existence dans l'ombre, le service de remplacement du Gers vient prendre les premiers rayons de printemps de la communication au domaine du Grand Comté de Roquelaure ce mercredi 27 mars, à l'occasion de la journée L'Irremplaçable. L'association, qui permet aux exploitants agricoles de se voir substituer un professionnel en cas d'absence, veut étendre son rôle dans le département.

« On a trente salariés en CDI, deux-cents-cinquante en CDD, sept-cents adhérents qui font appel à nos services régulièrement », une certaine fierté transparait dans la voix de Stéphane Minguet, président du service de remplacement du Gers, au moment d'évoquer les états de service de son groupement d'employeurs. Après cinquante ans d'existence et de montée en puissance en vase clos, c'est la première fois que l'association se permet une opération promotion auprès de ses deux publics : les jeunes en sortie de lycée agricole qui viennent grossir les rangs de ses salariés, et les exploitants agricoles qui bénéficient en cas de besoin des services de l'équipe du président Minguet.

Le service se charge aussi des démarches administratives conséquentes, qui permettent à l'exploitant de bénéficier de remises (région, Etat, U.E.) sur les frais de remplacement, et donc de subvenir au salaire de ces pompiers du tracteur, souvent de jeunes agriculteurs en prise d'expérience : « aujourd'hui la moyenne d'installation c'est 30 ans. Elle était de 28 il y a quelques années. C'est la meilleure formation avant de s'installer. Ces jeunes qui viennent chez nous pourront tourner sur diverses exploitations, productions et voir le meilleur et le moins bon. Pour après faire un bilan et moins faire de fautes au moment où on s'installe ». De nombreux jeunes, issus de neuf lycées agricoles gersois, prendront part à différents ateliers au domaine du Grand Comté, entre échanges avec les professionnels et présentation de la technique métier. « Les profils qu'on recherche aujourd'hui c'est de l'emploi très qualifié étant donné que les salariés doivent s'adapter aux nouvelles technolgies qu'on trouve sur les exploitations agricoles. Tous ces jeunes qui sortent de l'école s'adaptent très rapidement ».

En plus de demandeurs d'emploi qui pourront découvrir les métiers agricoles de manière ludique et s'ouvrir la voie d'une carrière entre deux silos, la journée « L'Irremplaçable » vise aussi l'autre côté du spectre. Ces adhérents, professionnels, qui n'ont pas encore forcément saisi la pleine mesure de l'expansion du service de remplacement :

En période de crise, le service de remplacement, « pilier des exploitations agricoles »

En des temps troubles pour le métier, le service de remplacement fleurit assez paradoxalement, face à des exploitations qui ont partout de plus en plus de difficultés à tourner. « Il y a vingt ans on avait une demie secrétaire. Aujourd'hui on a quatre personnes avec une directrice, une responsable RH, une secrétaire-comptable et une reponsable développement », explique Stéphane Minguet, conscient de l'importance d'une structuration du service face à une demande de plus en plus importante. Derrière les heureuses vacances ou maternités/paternités, les plus malheureux accidents, émerge un nouveau motif : le répit, terme laconique désignant ailleurs le burn-out. « Heureusement qu'on s'est professionnalisé, parce qu'on doit intervenir sur des exploitations où c'est très compliqué. Le salarié doit être prêt à intervenir sur des cas comme ça. Et nous derrière on a un travail à faire de bienveillance, de vigilance pour que nos salariés ne se mettent pas eux-mêmes en burn-out au bout de quinze jours ». Au Grand Comté, chez Michel Baylac son ancien président, le service de remplacement, garant invisible de la stabilité de tout un écosystème va prendre un peu de lumière.

V.M

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