Gimont retourne à l'heure de la Libération

24 mai 2024 - 08:08

A l'occasion des 80 ans de la libération de la ville du joug nazi, Gimont se met à l'heure de 1944 le temps de deux jours. A l'initiative de différents acteurs communaux, de la municipalité aux associations et aux « simples » citoyens, la cité va se plonger dans le passé ces vendredi et samedi.

Gimont se souvient. Et Gimont s'interroge sur son passé. « Gimont, 80 ans de liberté » va donner aux habitants de la bourgade gersoise l'occasion de penser des plaies fermées, mais qui ne demandent peut-être qu'à se rouvrir. « Il y aura des projections de film suivies de débats avec des historiens de manière à réfléchir sur les proximités qu'il peut y avoir entre la période horrible de la guerre (1939-1945) et ce qu'on vit actuellement. Se souvenir du passé pour savoir où on va et où on ne veut pas aller » explique Daniel Ravitsky, coordonnateur de la manifestation. Trois long-métrages évocateurs diffusés au cinéma le vendredi soir et dans la journée de samedi : La Rafle (de Roselyne Bosch), Lacombe Lucien (de Louis Malle) et Chez nous (de Lucas Belvaux) ; et qui viennent faire écho à trois expositions déjà en cours dans la ville.

L'une d'elles porte sur la question des femmes dans la guerre, l'autre, nommée « Ombre et lumière » s'interroge sur les motivations qui ont jalonné les parcours individuels des citoyens gimontois durant la période d'Occupation. Pourquoi s'engager, et pourquoi de ce côté ou de l'autre ? L'exposition, présentée dans la salle du conseil municipale, tente de l'expliquer, sans jeter la pierre. « Il n'y a pas du tout une ambition partisane et politicienne, on ne donne pas de leçon, on ne donne pas de consigne. On met seulement des faits réels en face des gens et ils sont assez grands pour tirer des conclusions » indique Daniel Ravitsky.

Réflexion et bal dansant

C'est là tout l'intérêt de « Gimont, 80 ans de liberté ». « L'originalité de l'événement c'est qu'on dépasse l'aspect commémoratif, le rappel des faits d'armes, pour aller sur le fond ; à savoir qu'est ce qui fait qu'on s'engage dans la résistance ? Qu'est ce qui fait qu'on refuse un certain nombre de choses ? ». Evidemment, la partie traditionnelle des commémorations aura toute sa place, avec un dépôt de gerbe au pied du Monument aux Morts par l'Association des anciens combattants de Gimont le samedi matn. Un temps d'hommage sera aussi dédié à la famille Ufferte, pour laquelle des plaques commémoratives seront installées, elle qui avait protégé une famille juive durant toute la durée de la guerre.

Pour sortir du carcan protocolaire habituel ces deux jours ne seront cependant « pas seulement un ''truc intellectuel'' » annonce le coordonnateur. En plus d'une grande exposition de véhicules militaires et civils d'époque toute la journée du samedi, l'atmosphère des années 40' sera prolongée jusque dans la nuit printanière avec un grand repas suivi d'un bal populaire animé par le Big Band de Pavie. « On a même imaginé un dress code 1945. Mesdames peuvent venir avec leur coiffure choucroute et messieurs avec leur béret, ça sera plutôt ambiance Glenn Miller, jazz ». Ambiance fête, surtout « puisque ça a été une fête la Libération de la France en 1944 ».

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V.M 

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