Gers : pour sauver des vies, le don d'organes veut faire parler

21 juin 2024 - 06:24

Echanger pour donner et sauver des vies. La journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe est organisée - comme tous les ans - ce vendredi 22 juin dans toute la France. Avec dans le Gers un partenariat entre l'équipe de la Coordination Hospitalière de Prélèvement d'Organes et de Tissus de l'Hôpital d'Auch et deux internationaux de rugby.

Le sujet, qui mêle pudeur intime et tabou de la mort, n'est pas des plus simples à poser sur la table. Depuis 2016 tout Français est présumé donneur d'organes au moment de son décès, sauf inscription expresse sur la liste nationale des refus. Mais la loi prévoit aussi la consultation des proches du défunt, afin de recueillir une éventuelle opposition à la cession d'un cœur ou d'un foie. Difficile pour la Coordination Hospitalière de Prélèvement d'Organes et de Tissus (CHPOT) de jongler entre le respect du choix individuel de chacun sans information préalable, la gestion de la peine d'une famille, sommée de se prononcer sur ce choix plebiscité par 80% de la population hexagonale, et les nécessités du « marché » du don d'organe, comptant plus de 21 000 personnes en attente pour seulement 5 600 greffes annuelles.

« Les gens confondent souvent don d'organes et don du corps à la science »

Sans avoir mauvaise presse, le don d'organes reste porteur de malaise, avec chez certains cette peur d'être « charcuté » sur son lit de mort. L'équipe de la CHPOT d'Auch l'assure, tout est remis en ordre avant la mise en bière, en permettant potentiellement à sept personnes de sortir de l'angoisse existentielle d'une greffe qui n'arrivera peut-être jamais. A l'heure actuelle, près de 30% des donneurs potentiels – il faut être en état de mort encéphalique, qui ne concerne qu'un décès sur cent – doivent passer leur tour, faute de confirmation claire rapportée par la famille. C'est donc pour le dialogue que la journée du 22 juin met en avant son ruban vert, pour « soulager les proches de prendre la décision à notre place. Ce qu'on souhaite c'est que tout le monde s'exprime et puisse à un moment dire : ma position c'est ça » plaide le Dr Fabienne Birot-Jaulin, médecin coordinateur du CHPOT du centre hospitalier d'Auch.

Paulin Riva et l'esprit de la flamme olympique

En moyenne depuis 2019 et l'établissement d'une équipe de la CHPOT à plein-temps (un médecin, trois infirmières et un cadre de santé), le CH d'Auch compte 3,5 prélèvement multi-organes par an, en plus de 40 cornées. Un chiffre qui peut paraître faible, s'expliquant par la rareté des cas de mort encéphalique. Par la suite les incompatibilités au don réduisent encore les possibilités de prélèvement, encore heurtées par l'absence d'information sur la volonté du défunt. Pour optimiser le dialogue pré-mortem, l'équipe du Dr Birot-Jaulin a sollicité le capitaine de France 7, Paulin Riva, et son ancien coéquipier, Johan Demai-Hamecher – qui évolue aujourd'hui à Lannemezan – pour faire passer le message. Dans une petite vidéo réalisée avec le concours du Conseil Départemental du Gers, les rugbymen évoquent l'importance de « dire ». « On peut tous donner, à condition d'en parler ». Sur la pelouse de Fouroux, où il avait brandi la flamme olympique, Paulin Riva donne sa voix pour le don de soi. « On est dans le partage, on est dans le relais, complètement » se réjouit le Dr Birot-Jaulin.

C.P : Conseil Départemental du Gers

V.M

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