Un premier cas de virus Shamonda-Europe vient d’être confirmé dans un élevage bovin du Gers. Apparue pour la première fois en Europe à l’été 2026, cette maladie virale a déjà été détectée dans plusieurs élevages en France, mais aussi en Allemagne et en Suisse. Encore peu connu, le virus inquiète notamment pour ses conséquences possibles sur la reproduction des bovins.
Tout a commencé par une baisse de la production de lait. Ces derniers jours, un éleveur bovin gersois a constaté que plusieurs de ses vaches produisaient moins. De la fièvre et des épisodes de diarrhée aiguë ont également été observés. Face à ces symptômes, l’éleveur a fait appel à son vétérinaire. Des analyses ont alors été réalisées et ont confirmé la présence du virus Shamonda-Europe dans le troupeau.
Le virus Shamonda-Europe est apparu récemment sur le continent. Il a été détecté dans plusieurs élevages bovins en France, en Allemagne et en Suisse. Les connaissances scientifiques sur cette maladie restent encore limitées. Des recherches sont actuellement menées afin de mieux comprendre le virus, sa propagation et ses conséquences sur les animaux. Comme la maladie hémorragique épizootique (MHE) et la fièvre catarrhale ovine (FCO), le virus se transmet par les culicoïdes, de petits moucherons piqueurs.
Chez les bovins, les principaux symptômes sont identifiés. « Lorsque cette maladie arrive dans un troupeau et qu’un animal est infecté, on estime qu’entre 10 et 100 % du troupeau vont déclarer des symptômes, qui vont être de la fièvre, des abattements, diarrhée aiguë, baisse de production », explique Antoine Maillard, directeur de la DDETSPP du Gers.
Mais c’est surtout l’impact potentiel sur la reproduction qui suscite aujourd’hui des inquiétudes dans la filière bovine. « Il semble également que plusieurs semaines après, il peut y avoir une incidence sur la reproduction. Dans le sens où le virus peut aller dans le fœtus d’une vache pleine. Et ainsi entraîner des avortements ou des malformations, c’est plutôt ce point-là qui inquiète », poursuit-il.
Pour l’heure, l’impact du virus est jugé « faible » par le ministère de l’Agriculture. Aucune mesure officielle de surveillance ou de lutte n’est actuellement en vigueur.« Ce n’est pas une maladie qui est réglementée. Elle n’entrave pas les échanges commerciaux », souligne Damien Latapie, éleveur bovin et président du Groupement de défense sanitaire du Gers (GDS).
Dans un secteur déjà confronté à plusieurs crises sanitaires ces dernières années et aux conséquences de la sécheresse, les éleveurs redoutent une nouvelle difficulté à gérer. « C’est une énième maladie à gérer avec une transmission par les insectes. Ce sont les conséquences du réchauffement climatique. Avec de nouveaux virus qui circulent, avec nos animaux qui sont naïfs à ces virus et qui peuvent manifester des réactions hétérogènes », estime Damien Latapie.
Le président du GDS appelle ainsi les éleveurs à « redoubler de vigilance » et à réagir rapidement en cas de symptômes. « On demande aux éleveurs de redoubler de vigilance, de bien contrôler rapidement les conséquences, pour qu’on ne passe pas à côté et qu’on se rende compte dans quatre à six mois qu’il y a eu un réel problème. »
En cas de fièvre, de diarrhée ou de baisse de la production laitière, le ministère recommande aux éleveurs de contacter leur vétérinaire. À ce jour, aucun vaccin ni traitement antiviral spécifique contre le virus Shamonda-Europe n’est disponible. Le virus n’est pas transmissible à l’homme et ne présente pas, à ce jour, de risque connu pour la santé publique, notamment concernant la consommation de lait ou de viande. Un seul cas a été confirmé à date dans le département.
E.R