Une première dans le Gers. À Castet-Arrouy, une serre photovoltaïque associant production d'électricité et cultures fruitières vient d'être inaugurée. Parmi les productions expérimentées figure le Dékopon, un agrume japonais encore très peu connu en Europe. L'objectif est notamment de faire émerger une nouvelle filière consacrée aux agrumes et aux avocats dans le département.
Le paysage agricole gersois pourrait-il accueillir demain davantage d'agrumes et d'avocats ? C'est en tout cas l'ambition du projet qui vient de voir le jour à Castet-Arrouy, territoire traditionnellement davantage associé aux grandes cultures.
REDEN, SUD AGRUMES et le propriétaire foncier Jean-Philippe Manzoni y ont inauguré la première serre photovoltaïque agricole du Gers.
La structure développe une puissance de 3,5 MWc et devrait produire chaque année plus de 4 000 MWh d'électricité renouvelable, soit, selon les porteurs du projet, l'équivalent de la consommation électrique annuelle de plus de 2 000 personnes.
Le Dékopon fait son arrivée dans le Gers
Mais l'originalité du projet se trouve aussi sous les panneaux photovoltaïques. Les exploitants vont notamment expérimenter la culture du Dékopon, un agrume particulièrement apprécié au Japon mais encore peu répandu en Europe.
Ce fruit se caractérise par une saveur douce et sucrée, entre orange et mandarine. Il est également dépourvu de pépins et se pèle facilement.
Jean-Michel Aurières, président de SUD AGRUMES et déjà engagé dans la culture du kiwi rouge sous serre photovoltaïque, souhaite ainsi tester de nouvelles productions et préparer le développement d'une filière locale consacrée aux agrumes et aux avocats.
Une trentaine d'agriculteurs concernés par la réflexion
Au-delà de Castet-Arrouy, l'expérimentation pourrait prendre une dimension régionale. Depuis 2024, REDEN indique accompagner une trentaine d'agriculteurs du Gers et des Hautes-Pyrénées afin d'étudier le potentiel d'une filière de production d'agrumes et d'avocats.
L'utilisation d'une serre photovoltaïque doit également permettre de mieux protéger les cultures face aux aléas climatiques. La structure vise notamment à limiter l'évaporation et les besoins en eau des arbres.
À Castet-Arrouy, le dispositif est complété par un bassin destiné à récupérer les eaux de pluie, qui seront ensuite utilisées pour l'irrigation.
Le projet associe ainsi deux activités sur un même site : une production agricole à forte valeur ajoutée et la production locale d'électricité renouvelable.
Avec cette première serre, Castet-Arrouy devient donc un terrain d'expérimentation pour de nouvelles cultures dans le Gers, avec l'ambition, à terme, de voir émerger une véritable filière régionale autour des agrumes et des avocats.
PC