Le président national de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, a été condamné ce jeudi 15 octobre par le tribunal correctionnel d’Auch à 15 000 € d’amende, dont 10 000 € avec sursis, pour des propos tenus à Auch le 19 novembre dernier, lors de l’assemblée générale élective du syndicat : « Les écolos, la décroissance, veulent nous crever. Nous devons leur faire la peau. »
Plus d’un mois après le procès de Bertrand Venteau, le verdict a été rendu ce jeudi 15 octobre aux alentours de 13 h 30 par le président du tribunal correctionnel d’Auch, dans une ambiance beaucoup plus apaisée aux abords du tribunal que lors de l’audience du 3 septembre dernier. Celle-ci avait été marquée par des tensions, avec des parties civiles invectivées et visées par des jets d’œufs avariés. De nombreux policiers avaient été mobilisés autour de la juridiction pour éviter tout débordement. Parmi les trois associations constituées parties civiles, seuls les Amis de la Terre étaient présents pour prendre connaissance du délibéré.
Le tribunal a reconnu Bertrand Venteau coupable de « provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit » et l’a condamné à une amende de 15 000 €, dont 10 000 € avec sursis. Lors de l’audience du 3 septembre, le ministère public avait requis une amende de 30 000 € avec sursis.
Dans un communiqué transmis à la rédaction, le tribunal judiciaire d’Auch explique que « les déclarations de Bertrand Venteau ont été prononcées au cours d’une assemblée générale élective de la CR Nationale, qui n’était pas réservée à ses seuls membres mais aussi ouverte à d’autres personnes, dont la presse ». La condition de publicité nécessaire à la caractérisation de l’infraction était donc remplie.
Le président du syndicat agricole est également condamné à verser 1 500 € à l’association France Nature Environnement au titre du remboursement des frais de procédure engagés. En revanche, la demande des parties civiles visant à obtenir la publication de la décision sur le site internet et les réseaux sociaux de la Coordination rurale a été rejetée.
Absent lors du prononcé du verdict, le président du deuxième syndicat agricole de France dispose de dix jours pour faire appel de cette décision.
E.R