"Nécessaire", "Injuste", "Camouflet" : Comment réagissent les politiques du Gers sur la loi immigration?

20 décembre 2023 - 17:49
Pour et contre. Les deux députés du Gers se sont prononcés ce mardi soir à l'Assemblée nationale sur la loi immigration. Le président du conseil départemental du Gers s'est aussi exprimé.
 
L'un regrette le manque de débat sur la loi immigration, l'autre confesse l'adoption d'un texte « plus à droite que prévu » mais « nécessaire ». Les deux députés du Gers se sont prononcés différemment ce mardi soir à l'Assemblée sur la controversée loi immigration. Le climat politique, au lendemain de l'adoption du texte, est toujours aussi tendu.
 
« Je considérais que ce texte était l'occasion d'ouvrir un débat à l'Assemblée, mais ça n'a pas été le cas. Je voulais faire valoir une vision pragmatique et équilibrée de la gauche » regrette le député du groupe Liot de la deuxième circonscription du Gers, David Taupiac. Le parlementaire avoue ne jamais avoir « partagé l'idée d'une motion de rejet comme la majorité de l'aile gauche » mais aurait espéré un débat avant d'en arriver à « un texte très problématique, éloigné du quotidien des Français, très populiste. Le pays est fracturé. »
 
"Un camouflet pour la démocratie"
 
Ce « populisme » qu'il juge « inquiétant », il n'hésite pas à le comparer aux idéologies de l'extrême droite. « Sans que le RN soit au pouvoir, on a déjà son idéologie en France. On se rendra compte de la bêtise du texte aux prochaines échéances électorales. Il ne prend pas en compte l’intégration, le travail, les sujets liés à la coopération des pays d'origine pour ceux qui méritent d'être expulsés. Et puis l'enjeu de la France sur la pyramide des âges dans un pays où, la démographie, nous est défavorable. Ce texte est un camouflet pour notre démocratie. »
 
De son côté, le député de la majorité dans le Gers, Jean-René Cazeneuve, refuse la comparaison de partage des idées avec le Rassemblement National. «  Je les ai combattues toute ma vie et je continuerai à le faire. Là, c'est l'intérêt général des Français qui prime », affirme le parlementaire qui s'est prononcé en faveur du texte, rappelant que si un consensus a bien été trouvé avec les Républicains dans un contexte de majorité relative dans l’Hémicycle, le texte aurait pu se passer des voix du RN. « On n'avait pas besoin de leurs votes. Ma boussole, c'est l'intérêt général, et les Français que je rencontre, les Gersois avec qui je parle, me disent qu'ils sont préoccupés par le sujet de la sécurité en particulier. Ils sont traumatisés par les tragiques événements des derniers mois. »
 
Après la démission du ministre de la Santé Aurélie Rousseau, officialisée ce mercredi par le porte-parole du gouvernement Olivier Véran, le député Cazeneuve dit « respecter » les positions de chacun face à un texte « plus à droite que prévu ». « Je le respecte. Il faut prendre des mesures courageuses, il y a des différences, c'est ce qui fait la richesse des Macroniens : dépasser les clivages pour transformer le pays collectivement. »
 
"Injuste", "situations inhumaines" selon le président Dupouy
Dans un communiqué adressé à la presse ce mercredi, le président du conseil départemental du Gers, Philippe Dupouy, évoque une loi « injuste qui discrimine les personnes les plus démunies et va créer des situations plus inhumaines encore. » Le président socialiste poursuit. « C'est la raison pour laquelle le Conseil départemental du Gers, plutôt que de se soumettre à la préférence nationale, privilégiera la préférence humanitaire en maintenant le versement de ses prestations dans les mêmes conditions qu'aujourd'hui, à tous les habitants du Gers, quelle que soit leur origine ou leur nationalité. »
N.M

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